Les Tajeddine, une famille chiite libanaise ayant fait fortune en Afrique, sont au cœur d’un scandale financier dévoilé par l’enquête « Congo Hold-up », à laquelle L’Orient-Le Jour a participé. Celle-ci a pu être menée à la suite de la fuite de plus de 3,5 millions de documents et de détails sur des millions de transactions issues de la BGFIBank, obtenue par la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte d’Afrique (PPLAAF) et le site français Mediapart, et partagée avec le réseau European Investigative Collaborations (EIC) et ses partenaires, dont L’Orient-Le Jour. Alors que trois membres de la fratrie sont actuellement sous sanctions américaines pour financement du Hezbollah, les entreprises de la nébuleuse Tajeddine figurent parmi les plus grosses clientes de la filiale congolaise de la banque BGFI. Cette dernière a servi au détournement de plus de 138 millions de fonds publics de la République démocratique du Congo (RDC), selon les révélations de « Congo Hold-up », principalement au profit du clan de Joseph Kabila, l’ancien président de la RDC.
– L’enquête montre comment la BGFI RDC a servi de plateforme à l’expansion et au renouvellement d’une nébuleuse d’entreprises associées à Congo Futur. Ce conglomérat industriel, sous sanctions américaines pour financement du Hezbollah, est détenu par un des membres de la fratrie, Ahmad Tajeddine, par ailleurs condamné pour crimes financiers par la justice belge. Un système rendu possible grâce à l’élite financière de la RDC, le 6e pays le plus pauvre du monde.
– La banque a en effet permis à ces entreprises d’accéder au système bancaire international pendant des années, malgré les sanctions américaines et les avertissements des banques correspondantes. Plusieurs dizaines de millions de dollars ont, entre autres, ainsi été transférés de la BGFI vers des comptes à l’étranger détenus par Kassem Tajeddine, un des frères placés sur la liste noire des États-Unis.
– Au Liban, le Trésor américain accuse l’empire Tajeddine de servir à « des achats et développements de terrains au nom du Hezbollah », via Tajco SARL. Kassem Tajeddine a cependant affirmé n’avoir plus aucun lien avec Tajco ou Congo Futur. Les enquêtes de « Congo Hold-up » ont cependant mis en exergue la persistance de liens entre des investissements immobiliers impliquant Tajco, ainsi que des actionnaires de Congo Futur et une compagnie contrôlée par Kassem Tajeddine.
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« C’est lui qui a payé l’opération du cœur de mon mari », affirme, la voix emprunte de gratitude, une habitante de Hanaouay, près de Tyr, au journaliste d’al-Jadeed venu l’interroger en ce mois de mars 2017 sur la personnalité du village : Kassem Tajeddine. « Il a employé 500 personnes, originaires de tout le Liban-Sud pour travailler en Afrique », renchérit, face à la caméra, un autre habitant du village natal de l’homme d’affaires belgo-libanais. Le bienfaiteur ainsi loué de toutes parts a pourtant été arrêté, quelques jours plus tôt, au Maroc pour être extradé vers les États-Unis où la justice, qui le considère comme l’un des principaux bailleurs de fonds du Hezbollah, l’accuse d’avoir restructuré son ...
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