Après un mois de guerre, plus d'un Soudanais sur deux "a besoin" d'aide humanitaire

LCI - 18/05
[VIDÉO] - Depuis plus d'un mois, le Soudan est ravagé par une guerre civile entre l'armée régulière et les paramilitaires. Les combats ont fait plus d'un millier de morts, environ 840.000 déplacés et 220.000 réfugiés, aggravant la situation humanitaire sur place. Une crise qui n'est pas près de s'apaiser, alors qu'aucune trêve ne semble se dessiner pour acheminer des vivres.

Depuis plus d'un mois, le Soudan est ravagé par une guerre civile entre l'armée régulière et les paramilitaires.
Les combats ont fait plus d'un millier de morts, environ 840.000 déplacés et 220.000 réfugiés, aggravant la situation humanitaire sur place.
Une crise qui n'est pas près de s'apaiser, alors qu'aucune trêve ne semble se dessiner pour acheminer des vivres.

Une situation humanitaire chaotique. Depuis le 15 avril, le Soudan est plongé dans une guerre civile, mettant aux prises l'armée régulière du général Abdel Fattah al-Burhane, au pouvoir depuis le putsch de 2021, et les paramilitaires de son numéro 2 et désormais rival, Mohamed Hamdane Daglo, chef des Forces de soutien rapide (FSR). En l'espace d'un mois, les combats, qui se concentrent dans la capitale Khartoum, ont fait près d'un millier de morts. En parallèle, ces heurts sanglants ont fait environ 840.000 déplacés à l'intérieur du pays et 220.000 réfugiés, aggravant la crise humanitaire. 

Plus d'un Soudanais sur deux a besoin d'aide humanitaire, a annoncé l'ONU, mercredi 17 mai, alors que les efforts diplomatiques internationaux pour décrocher une trêve demeurent vains. "Aujourd'hui, 25 millions de personnes - plus de la moitié de la population du Soudan - a besoin d'aide humanitaire et de protection", a indiqué le responsable des Affaires humanitaires à l'ONU, Ramesh Rajasingham. Avant la guerre, lancée le 15 avril, déjà une personne sur trois souffrait de la faim dans ce pays d'Afrique du nord-est, l'un des plus pauvres au monde, où vivent 45 millions d'habitants. 

Le piège se referme sur la population

Sur place, les vivres se font de plus en plus rares. À Khartoum, capitale soudanaise de 5 millions d'habitants, ceux qui n'ont pas fui sont terrés chez eux, forcés de se rationner et à court d'argent, car les banques sont fermées. L'industrie agro-alimentaire, déjà à genoux après 20 ans d'embargo sous la dictature d'Omar el-Béchir, qui a pris fin en 2019, est bombardée comme les maisons, hôpitaux et institutions. L'usine Samil qui produisait "60% des traitements nutritionnels pour les enfants en grande carence alimentaire", selon l'Unicef, est partie en fumée. Médecins sans frontières a annoncé que "des hommes armés sont entrés mardi dans (son) entrepôt de Khartoum pour piller" au moins "deux véhicules remplis de fournitures".

Pour faire face à cette situation, les Nations unies ont revu à la hausse leurs appels de fonds, indiquant avoir besoin de 2,6 milliards de dollars pour l'aide au Soudan. À cela s'ajoute près d'un demi-milliard de dollars pour aider les réfugiés ayant fui dans les pays voisins. Ces réfugiés seront plus d'un million au total cette année, prévoit l'organisation internationale. 

"Arrêter ce n'importe quoi !"

Malgré le chaos qui règne à Khartoum et dans la région du Darfour, frontalière du Tchad, où des combattants tribaux et des civils armés se mêlent aux combats, les négociations semblent ne mener nulle part. "Nous devons dire à ces généraux d'arrêter ce n'importe quoi !", s'est emporté le président kenyan, William Ruto. Réunis en Arabie saoudite, les représentants des belligérants sont censés dessiner des couloirs humanitaires pour laisser sortir les civils et faire entrer l'aide, sans avancées. "Il est vital que les humanitaires aient des accès, des ressources et des garanties de sécurité pour soutenir efficacement ceux qui dépendent d'eux pour survivre", plaide pourtant Michael Dunford, directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM).

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Toujours à Djeddah, où va se tenir, vendredi 19 mai, un sommet de la Ligue arabe, les chefs de la diplomatie égyptienne et saoudienne ainsi que le patron de la Ligue arabe se sont dits en faveur d'un cessez-le-feu, mais sans en proposer les contours. En dépit de positions divergentes, à l'image de l'Égypte alliée au général Burhane et des Émirats arabes unis proches du général Daglo, les efforts diplomatiques se multiplient en coulisses pour trouver un terrain d'entente. Mais, prévient le Rift Valley Institute, "il est difficile d'imaginer comment les deux généraux peuvent être forcés à cesser la violence".

Y.R. avec AFP

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