Souvent, sur le cannabis, deux discours s'opposent, l'un banalisant les usages, l'autre les réduisant à «la drogue, c'est de la merde». Si c'était vraiment et purement «de la merde», personne n'en consommerait, comme le rappelle le psychologue spécialisé dans les addictions Jean-Pierre Couteron dans En finir avec la guerre aux drogues.
En somme, s'il y a usage, c'est qu'il y a des bienfaits –directs ou indirects, à court ou moyen terme, réels ou supposés. Mais, à l'instar du «pharmakon», terme qui désigne en grec ancien à la fois le poison et le remède, la drogue salutaire et la malfaisante, il y a aussi des méfaits, spécifiquement sur le psychisme.
Abonnez-vous gratuitement à la newsletter quotidienne de Slate.fr et ne ratez plus aucun article!
Je m'abonne
Force est de reconnaître qu'ils ne nous sont pas inconnus. Nous avons tous au moins vu, sinon fait l'expérience, d'un bad trip après avoir fumé un joint. Parfois moquée dans les communautés adolescentes et jeunes adultes, la personne qui expérimente ainsi une pharmacopsychose peut s'en remettre rapidement et sans séquelles. Mais il arrive que ce soit le point de départ d'un séjour en hôpital psychiatrique et parfois, d'un suivi au long cours.
Il est aussi possible que nous ayons dans nos connaissances une personne au tempérament anxieux qui fume pour se détendre ou mieux dormir. Est-ce vraiment efficace ou l'effet est-il paradoxal, la prise régulière de cannabis alimentant l'anxiété et les insomnies?
Disons le tout de go: se poser de telles questions n'est pas se positionner contre la légalisation du cannabis. Au contraire: s'il ressort que le cannabis est bel et bien responsable de troubles psychiques, une légalisation permettrait une meilleure régulation des composants...
[Courte citation de 8% de l'article original]