Les anneaux de Saturne font rêver et on aimerait bien connaitre leur origine, quand ils sont nés, pourquoi… et s'ils vont durer. Un nouveau rebondissement remet à l'ordre du jour, en la consolidant, une théorie proposée il y a quelques années et se fondant sur des mesures de la sonde Cassini.
Un nouvel épisode de la saga de la détermination de l'âge des années de Saturne vient d'arriver sur la Toile comme le montre une publication dans Science Advances. En lisant l'un des précédents articles que Futura consacre régulièrement à cette saga ci-dessous -- plus précisément l'article que nous avons publié en décembre 2017 --, on peut constater que ce sont les travaux déjà menés à l'époque par le physicienphysicien Sascha Kempf, de l'Université de Boulder au Colorado (USA) et ses collègues, qui reviennent sur le devant de la scène.
Selon les arguments avancés, les anneaux de Saturneanneaux de Saturne ne se seraient formés tout au plus que quelques centaines de millions d'années avant la naissance des dinosauresdinosaures sur Terre à la fin du TriasTrias moyen, il y a environ 232 à 234 millions d'années. L'article aujourd'hui publié avec le communiqué de presse de l'Université de Boulder indique en effet que les anneaux ne seraient pas plus vieux que 400 millions d'années selon Kempf et ses collègues Nicolas Altobelli de l'Agence spatiale européenne, Jürgen Schmidt de la Freie Universität Berlin, Jeffrey Cuzzi et Paul Estrada du centre de recherche Ames de la NasaNasa, et Ralf Srama de l'Universität Stuttgart.
Rappelons que les premières observations des anneaux de Saturne datent de GaliléeGalilée et que le premier à en comprendre la nature fut le physicien James Clerk Maxwell à qui l'on doit la constitution du système d'équationséquations décrivant les phénomènes électromagnétiques en physiquephysique classique, équations impliquant l'existence d'ondes que Maxwell a identifiée comme étant les ondes lumineuses. « D'une certaine manière, nous avons résolu une question qui a commencé avec James Clerk Maxwell », explique d'ailleurs Kempf, professeur au Laboratoire de physique atmosphérique et spatiale (LASP) de CU Boulder.
Des strates de poussières cosmiques
Si tel est bien le cas, il aura fallu attendre que la noosphère se dote d'instruments que Galilée et Maxwell n'ont sans doute pas imaginés, à savoir, d'une part la sonde Cassini, et d'autre part le Cosmic Dust Analyzer qui a permis à Kempf et ses collègues d'analyser le flux de micro-météorites tombant sur les anneaux de Saturne entre 2004 et 2017. Dans ce flux, 163 grains ne pouvant pas provenir des luneslunes du système saturnien ont été identifiés, ce qui a été déterminant pour en déduire l'âge des anneaux.
En effet, nous savons aujourd'hui que les poussières constituant ces anneaux sont de la glace d'eau presque pure, ce qui leur donne une certaine réflectivité. Celle-ci doit être affectée par l'arrivée de micro-météorites externes qui se déposent sur eux telle la poussière dans une pièce au cours du temps.
En supposant un taux de déposition de la poussière cosmique relativement constant au cours des millions d'années, la réflectivité mesurée des anneaux de Saturne indique donc leur âge et il serait donc bien inférieu...
[Courte citation de 8% de l'article original]