À croire que le logement, premier poste de dépense des Français, n’intéresse pas Emmanuel Macron… Tout ce week-end, les professionnels du secteur ont manifesté colère et désillusion après l’annonce, le 5 mai, de l’annulation de la réunion de conclusion du Conseil national de la refondation (CNR), prévue normalement aujourd’hui. « Est-ce que c’est parce qu’ils n’ont pas assez de choses à annoncer ? » s’est agacé Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre (FAP), inquiet face au manque d’arbitrage budgétaire favorable.
Après avoir coprésidé pendant des mois les débats du CNR, où étaient réunis aussi bien les promoteurs immobiliers que les associations de mal-logés, il prévient : « Nous nous sommes tous mis autour de la table pour trouver des consensus. Tout le monde sait que le besoin est colossal. Maintenant, il faut que ça bouge et que le logement devienne une des grandes priorités de la fin du quinquennat. » Ce qui ne semble, pour l’instant, toujours pas être le cas dans la tête du chef de l’État.
Cette annulation est une demi-surprise. Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron n’a montré que peu d’intérêt pour le logement. Ce volet du CNR n’était d’ailleurs pas prévu. Son existence n’a tenu qu’à la pression des acteurs du secteur. Pourtant, depuis des mois, l’inquiétude face au manque de logements a dépassé le cercle des initiés. Début mai, la France a eu droit aux remontrances du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies. L’organisme a dénoncé l’augmenta...
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