À l'occasion de la commémoration du 8 mai 1945, date de la capitulation allemande qui marque la fin de la Seconde guerre mondiale, Emmanuel Macron présidera lundi à Lyon une cérémonie en hommage à la Résistance française et à Jean Moulin, à l'approche du 80e anniversaire de son arrestation et de sa mort. La cérémonie se tiendra au Mémorial de la prison de Montluc (Loire-Atlantique), lieu de détention de Jean Moulin et de bien d'autres résistants et de juifs, sous l'Occupation.
TF1info revient sur la vie de ce grand résistant, tué sous la torture de Klaus Barbie, le "boucher de Lyon".
Jean Moulin est né le 20 juin 1899 à Béziers. Bercé dans la politique, avec un père professeur d'histoire et conseiller général radical-socialiste de l'Hérault, il s'inscrit à la faculté de droit de Montpellier en 1917. Parallèlement, le jeune Jean Moulin travaille comme attaché au cabinet du préfet de l'Hérault. Mobilisé en avril 1918, il passe quelques mois dans les Vosges, avant l'armistice de novembre.
Après avoir été licencié en droit, il se lance dans une carrière préfectorale. Il sera chef de cabinet du préfet de Savoie à Chambéry, puis, en 1925, deviendra le plus jeune sous-préfet de France à Albertville. Entre 1930 et 1936, il sera successivement sous-préfet et secrétaire général.
En 1937, il est nommé préfet de l'Aveyron, le plus jeune du pays. Deux ans plus tard, il devient préfet d'Eure-et-Loir.
Lorsque éclate la Seconde Guerre mondiale, le 1er septembre 1939, Jean Moulin demande à être dégagé de ses fonctions de préfet pour combattre, mais le ministère de l'Intérieur l'oblige à garder son poste. À Chartres, il tente de garantir la sécurité de la population, en plein exode.
Le 17 juin 1940, il fait face aux premières troupes allemandes, lesquelles veulent lui faire signer une déclaration accusant faussement des unités de tirailleurs africains d'avoir commis des atrocités envers des civils à Saint-Georges-sur-Eure, en réalité victimes des bombardements allemands. Jean Moulin refuse et est arrêté. Frappé par les Allemands, il tente de se suicider en se tranchant la gorge mais est soigné in extremis.
Révoqué de son poste le 2 novembre 1940 par le régime de Vichy, qui le classe parmi les "fonctionnaires de valeur mais prisonniers du régime ancien", il quitte Chartres le 15 novembre pour la zone sud et prend contact avec la Résistance.
En septembre 1941, il quitte la France pour l'Angleterre grâce à des faux documents. À Londres, il est reçu le 25 octobre par le général de Gaulle, et lui fait le compte rendu de l'état de la Résistance en France et de ses besoins. Après avoir fait de Jean Moulin son délégué civil et militaire pour la zone libre, Charles de Gaulle l'envoie en métropole avec deux ordres de mission : un premier d'organisation militaire, qui aboutira à la constitution de l'Armée secrète, et un second chargeant Jean Moulin d'unifier les mouvements de Résistance français.
Avec des moyens financiers et de transmission, Jean Moulin est parachuté sur les Alpilles dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 à 3h30 du matin. Il prend alors le pseudonyme de "Rex", et installe son quartier général à Lyon.
En zone sud, il rencontre les responsables des trois principaux mouvements de résistance, Combat, Libération et Franc-Tireur. Il parvient à aplanir les différends et leur apporte une aide financière. En octobre 1942, l'Armée secrète est créée de la fusion des trois mouvements. Le commandement est confié au général Delestraint.
En février 1943, Jean Moulin se rend à nouveau à Londres, où il est décoré par le général de Gaulle de la Croix de la Libération. Le général le nomme ministre, membre du Comité national français, et seul représentant de ce comité pour l'ensemble du territoire métropolitain.
Chargé de créer le Conseil national de la Résistance (CNR), il en organise la première réunion le 27 mai 1943, au 48 de la rue du Four, à Paris. Malgré les divergences au sein des différents mouvements, il parvient à en être reconnu chef. Le CNR, qui reconnaît de Gaulle comme seul chef légitime du gouvernement provisoire français, rassemble ainsi les responsables des...
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