Longtemps, la question de la structure interne de la Lune est restée débattue. Contient-elle, comme la Terre, une graine solide au sein d’un noyau externe fluide ? Grâce à une nouvelle étude, cette question semble aujourd’hui résolue : oui, la Lune possède bien un petit noyau solide. Les scientifiques accréditent de plus l’hypothèse du retournement du manteau lors de la cristallisation de l’océan de magma, un processus qui permet d’expliquer la composition de la croûte lunaire.
[EN VIDÉO] Nouveau scénario pour la formation de la Lune De nouvelles simulations réalisées avec un supercalculateur montrent que la Lune a pu se former...
Elle est si proche de nous et pourtant encore si mystérieuse. Voilà en effet cinquante ans que les scientifiques cherchent à percer le secret de la structure interne de la LuneLune et à expliquer la présence d’oxydes de fer et de titane dans les roches formant la croûte lunaire.
Car si la Lune est, à l'image de la Terre, un astreastre différencié, c'est-à-dire possédant une croûte, un manteau et un noyau de compositions bien distinctes, de nombreuses différences existent entre notre Planète et sa petite sœur née d’une gigantesque collision il y a 4,4 milliards d’années.
Deux sœurs pourtant bien différentes
La composition de la croûte lunaire est ainsi bien différente de la croûte terrestrecroûte terrestre, notamment au niveau des « mers lunaires », ces grandes étendues sombres que l'on peut apercevoir à l'œilœil nu depuis la Terre. Si la croûte est le plus souvent composée d'anorthositeanorthosite, une roche riche en feldspathsfeldspaths plagioclases et dérivant des processus de cristallisation de l’océan de magma primitif, les mers lunaires contiennent, elles, d'étonnantes quantités de ferfer et de titanetitane. Leur formation résulte d'importantes éruptions basaltiquesbasaltiques survenues principalement entre 3,5 et 3 milliards d'années. Cette composition indique que le manteau lunaire est globalement plus riche en fer que le manteau terrestremanteau terrestre et qu'il présente de fortes hétérogénéités de composition.
De même, si les études sismiques réalisées lors des missions Apollo ont révélé l'existence d'un noyau au centre de la Lune, l'incertitude demeurait sur la nature solide ou fluide du noyau interne. Une incertitude aujourd'hui définitivement levée grâce à une nouvelle étude publiée dans Nature, menée par des scientifiques français (CNRS, Université Côte d'Azur, Observatoire de la Côte d'Azur, Sorbonne Université et Observatoire de Paris-PSL).
La Lune renferme bien une petite graine solide
Il y a une vingtaine d'années, l'analyse de la rotation de la Lune avait permis de mettre en évidence la présence d'un noyau externe fluide, sans donner cependant d'information sur l'existence d'une potentielle graine solide. La Lune vient cependant de dévoiler un peu plus son intérieur. Grâce à la compilation d'une multitude de données provenant notamment de différentes missions spatiales, mais également grâce à la télémétrietélémétrie laser-Lune (voir articles ci-dessous) permettant de mesurer les déformations de notre satellite sous l'effet des maréesmarées, les chercheurs ont pu mettre en évidence la...
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