Interrogé sur des ingérences russes, François Fillon pointe du doigt les États-Unis

LCI - 02/05
[VIDÉO] - Mardi 2 mai, l'ancien Premier ministre a été auditionné par une commission d'enquête parlementaire sur les ingérences étrangères. Au cœur des questions, ses postes occupés au sein de grandes entreprises russes jusqu'au 25 février 2022. Il a dit n'avoir jamais fait face à une ingérence russe, mais évoque de multiples ingérences de la part des Américains.

Mardi 2 mai, l'ancien Premier ministre a été auditionné par une commission d'enquête parlementaire sur les ingérences étrangères.
Au cœur des questions, ses postes occupés au sein de grandes entreprises russes jusqu'au 25 février 2022.
Il a dit n'avoir jamais fait face à une ingérence russe, mais évoque de multiples ingérences de la part des Américains.

"J'ai entamé une carrière professionnelle, qui ne regarde que moi, je n'ai de comptes à rendre à personne". Devant la commission d'enquête parlementaire dédiée aux "ingérences politiques, économiques et financières de puissances étrangères" et initiée par le RN, l'ancien Premier ministre François Fillon s'est montré ferme, mardi 2 mai. 

 

En introduction, l'ancien candidat de droite à la présidentielle a d'abord évoqué ses "36 ans de vie publique", comme député, ministre ou chef du gouvernement de 2007 à 2012. Il était interrogé, notamment, sur sa présence passée au sein de conseils d'administration d'entreprises russes. Il a démissionné de ces postes au lendemain de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Je n'ai de comptes à rendre à personne.

François Fillon, ancien Premier ministre

"Des ingérences étrangères, oui, j'en ai rencontrées, la plupart du temps, elles venaient d'un pays ami et allié qui s'appelait les États-Unis. J'ai été écouté avec le président Sarkozy pendant cinq ans par la NSA", l'Agence de sécurité nationale américaine, a-t-il affirmé. "Je n'ai pas été concerné directement par des ingérences russes", a-t-il répété durant son audition. 

Interrogé par la commission d'enquête, il a ensuite évoqué sa reconversion dans le privé et sa présence un temps au sein du conseil d'administration des entreprises russes Sibur (pétrochimie) et Zarubezhneft (hydrocarbure), avant qu'il ne démissionne après l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe. "En 2017, dans les circonstances que chacun connaît, j'ai quitté la vie publique et de manière définitive. J'ai entamé une carrière professionnelle, qui ne regarde que moi. Je n'ai de comptes à rendre à personne, dans le respect naturellement des lois de la République", a souligné l'ancien chef de gouvernement. à propos de ses activités de conseils.

François Fillon et ses relations avec Vladimir Poutine

François Fillon est également revenu sur ses relations avec le président russe, Vladimir Poutine, avant la guerre. Selon ses déclarations, l'ancien Premier ministre a rencontré "à plusieurs reprises" le maître du Kremlin entre 2007 et 2012, "deux fois" entre 2012 et 2017 et "une fois" en 2018, à l'occasion - selon François Fillon - du conseil de la Fédération mondiale de l'automobile à Saint-Pétersbourg. À cette occasion, Vladimir Poutine lui aurait demandé de le voir en tête-à-tête, a rapporté François Fillon.

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"J'y suis allé en me demandant pourquoi il voulait me voir. J'ai choisi de lui dire que la situation de l'isolement diplomatique de la Russie était une impasse et qu'il fallait qu'il sorte de cet isolement. Sa réponse a été de me regarder et de me demander : 'ah oui et avec qui je parle ?'", a-t-il relaté. Avant d'indiquer avoir soumis le nom d'Emmanuel Macron. "En rentrant de Saint-Pétersbourg, j'ai appelé Emmanuel Macron pour lui suggérer d'ouvrir le dialogue avec Vladimir Poutine", a-t-il aussi précisé.

Benoît LEROY avec Frédéric DELPECH (et AFP)

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