Il est à la tête d'une fortune considérable. Après avoir touché l'héritage de sa mère Elizabeth II, évalué à 360 millions de livres (406 millions d'euros), la fortune de Charles III s'élèvera à 600 millions de livres (678 millions d'euros), estime le Times. Le roi qui sera couronné le 6 mai prochain peut compter sur une partie des actifs qu'il a fait fructifier en tant que prince.
Selon un proche de la famille royale cité par le quotidien, l'ancien prince de Galles a mené une politique ambitieuse d'investissements pour renflouer ses coffres après avoir divorcé de Diana. Si en 1196, la séparation lui a coûté 17 millions de livres (19,4 millions d'euros), Charles n'est pas reparti de zéro et a pu compter sur les ressources du Duché de Cornouailles, dont il a reçu les bénéfices de l'accession de sa mère au trône en 1952 au décès de cette dernière en 2022, rappelle l'AFP.
Ce patrimoine a été mis en place au XIVe siècle pour donner une indépendance financière à l'héritier royal. Concrètement, ce dernier ne possède pas les actifs de ce fonds, mais touche ses profits jusqu'à son accession au trône. Pour Charles, le duché "rassemble tout ce qui le passionne", assurait sa femme Camilla, dans un documentaire de la chaîne ITV datant de 2019.
Outre 260 fermes, le duché possède 52.450 hectares de terres, et loue 345 millions de livres (393 millions d'euros) de propriétés commerciales. Charles a même créé un village, Poundbury, en banlieue de Dorchester, où il applique ses préférences architecturales. Sous sa houlette, la taille du duché a augmenté et dans son dernier rapport annuel, il compte plus d'un milliard de livres d'actifs, un record, pour des revenus reversés à l'héritier s'élevant à 23 millions de livres (26 millions d'euros), soit une augmentation de plus de 40% en quinze ans.
Ce revenu est désormais versé à son héritier William, mais il a eu le temps de remplir le compte de Charles avant même son héritage royal. En raison d'une tradition vieille de plusieurs siècles et confirmée dans les années 1990 pour éviter de dissoudre le patrimoine royal, "il ne va payer aucun impôt sur l'héritage", précise à l'AFP Geoff Kertesz, avocat londonien spécialiste du patrimoine.
Le testament de la reine n'est pas public, ce qui est également propre au souverain. Mais le château de Balmoral, où la famille royale passe ses étés, et Sandringham, font partie des propriétés héritées par Charles, contrairement à Buckingham ou Windsor, demeures historiques de la famille royale, qui appartiennent à l'État. Autre symbole historique de la monarchie britannique, les joyaux de la Couronne sont aussi propriété de la nation, et sont donc exclus des évaluations de la fortune royale, puisqu'ils représentent à eux seuls plusieurs milliards de livres.
En revanche, l'État reverse au souverain une "sovereign grant" : une dotation d'un quart des revenus générés par le "Crown Estate", vaste fonds composé d'actifs immobiliers comme des champs d'éoliennes en mer. Le reste revient au Trésor public. La dotation royale a atteint 86,4 millions de livres (98 millions d'euros) pour 2021-2022.
Enfin, un troisième fonds vient compléter la fortune royale : le Duché de Lancaster, contrôlé par le souverain, et qui a rapporté à la reine 24 millions de livres en 2022 (27 millions d'euros). Quand il s'agit d'évaluer le patrimoine total des fonds de la Couronne, "je ne pense pas que qui que ce soit sache ce que ça représente", reconnaît Geoff Kertesz.
Dans une série d'articles intitulée "Le coût de la couronne", le Guardian tente d'évaluer la fortune royale, faisant notamment le choix assumé d'inclure les biens du duché de Lancaster, légalement définis comme contrôlés par l'État, mais dont l'entier bénéfice revient au souverain.
Le quotidien inclut aussi des véhicules de luxe, techniquement détenus par l'État, mais utilisés par la famille royale. S'ajoutent des œuvres d'art, dont un tableau de Claude Monet, Le Bloc, acheté pour 2000 livres (2280 euros) par la Rein...
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