Batman v Superman : film ultime de super-héros, ou ratage atomique ?

Ecran Large - 26/04
Batman v Superman : L’Aube de la justice est ce soir à 21h05 sur TFX. Avant Justice League et le Zack Snyder's Justice League alias Snyder Cut, Batman v Superman : L’Aube de la justice de Zack

Batman v Superman : L’Aube de la justice est ce soir à 21h05 sur TFX.

Avant Justice League et le Zack Snyder's Justice League alias Snyder Cut, Batman v Superman : L’Aube de la justice de Zack Snyder a passionnément divisé le public. Retour sur ce combat de titans, mené par Ben Affleck et Henry Cavill.

La machine de guerre DC/Warner a des hauts et des bas, malgré les succès critiques de The Suicide Squad et The Batman, il y a eu les fours Black Adam et Shazam ! la Rage des dieux. Ainsi l'arrivée prochaine de The Flash et le nouvel univers cinématographique DC sont attendus de pied ferme par les fans. Pourtant il y a un film qui continue d'alimenter des débats des années après : Batman v Superman. Ridicule, grotesque et boursouflé pour les uns, épique, passionnant et complexe pour les autres, le film de Zack Snyder est un sujet sans fin. Comme le public (et la critique), l'équipe d'Écran Large n'est pas d'accord sur le sujet.

Après notre critique enthousiaste de la version cinéma de BvS, et encore plus heureuse de la version longue de Batman v Superman, retour sur ce gros morceau super-héroïque de 3 heures en ultimate cut.

 

 

OUI : LE DÉBUT 

Dans les comics, en dessin animé, en jeu vidéo, au cinéma... on ne compte plus les relectures du trauma originel de Bruce Wayne, qui vit ses parents assassinés sous ses yeux dans une ruelle lugubre. Autant dire qu’on pensait en avoir soupé. Mais c’était sans compter sur le goût de Zack Snyder pour les ouvertures léchées, son amour des cadres sophistiqués et d’une symbolique un peu lourdaude. 

Une recette qui lui permet de revisiter ces images pourtant connues et d’y apposer sa marque, son style, quand sous nos yeux, le jeune Bruce endeuillé, nimbé de chauves-souris, s’élève soudain du sol, pour mieux nous annoncer les ténèbres à venir et l’appétit avec lequel Batman s’y plongera. Cette introduction quasi-mystique est prolongée par une seconde, beaucoup plus rugueuse et matérielle, qui sert de contrechamp au climax de Man of Steel. 

Wayne tente d’y sauver ses collaborateurs dans un Metropolis devenu champ de bataille stellaire, alors que deux Kryptoniens la pulvérisent pour régler leurs différends. Allégorie du 11 septembre, nouveau trauma pour Bruce, et la naissance d’une froide résolution : neutraliser Superman. Cette deuxième couche offre au film une entrée en matière immersive, à la gravité stupéfiante. 

 

La chute du pur

 

TRÈS BIEN : combat mythologique et politique

Zack Snyder a beau entrechoquer ses représentations mythologiques avec la finesse d’un enfant en crise d’hyperglycémie, l’entreprise réussit, grâce à la cohérence des figures qu’il convoque. Tous ses personnages reviennent à la matière première de ce qui fait la spécificité de DC Comics : traiter les super-héros comme des déités précipitées parmi les hommes. Ce souhait de puissance, cette volonté de se dépasser, situe tous ces fous-furieux dans un commentaire nietzschéen beaucoup plus nuancé que d’habitude chez le réalisateur. 

Car la confrontation des valeurs entre Superman et Batman le contraint à envisager le Dark Knight pour ce qu’il est devenu : une allégorie de l’impérialisme américain, qui considère toute remise en cause de ses acquis ou de ses intérêts matériel (tant l’exergue est mis sur les dégâts causés à l’entreprise Wayne) comme une menace inacceptable. Batman est la guerre préventive, quand Superman renvoie à une autre tare : l’accusation d’impureté idéologique. Peu importe que Batou combatte pour le bien et obtienne des résultats, ses méthodes ne sont acceptées par le Kryptonien qui veut obtenir sa soumission. Un choc des philosophies et des civilisations qui passionne Snyder. ...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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