Entre Mayotte et les Comores, une histoire tourmentée et mouvementée

LCI - 24/04
[VIDÉO] - Depuis les années 1970, les relations entre Mayotte et les Comores sont délétères. Les Comores ne cessent de nier l'autorité française sur l'archipel mahorais. En cause, une lecture différente entre l'état insulaire et la France sur une consultation d'indépendance, organisée en 1974.

Depuis les années 1970, les relations entre Mayotte et les Comores sont délétères.
Les Comores ne cessent de nier l'autorité française sur l'archipel mahorais.
En cause, une lecture différente entre l'état insulaire et la France sur une consultation d'indépendance, organisée en 1974.

Entre la France et les Comores, les tensions pourraient redoubler alors que le ministère de l'Intérieur a officialisé la tenue de l'opération "Wuambushu" sur l'île de Mayotte. Un déploiement de forces devant lutter contre "la délinquance" et mettre fin aux bidonvilles. Dans le même temps, l'opération doit s'attaquer à l'immigration illégale. Or, une large majorité de l'immigration à Mayotte provient de l'archipel voisin, très pauvre, des Comores. Il faut dire que l'histoire entre l'île mahoraise et ce pays est plus que complexe. 

 

En effet, à ce jour, les Comores ne reconnaissent pas l'appartenance de Mayotte au territoire français. Pour comprendre cette situation, il faut remonter à décembre 1974. À cette époque, les Comores sont encore une colonie de la France et compte quatre îles : Anjouan, Grande Comore, Mayotte et Mohéli. Le 22 décembre 1974, le gouvernement organise une "consultation" de l'ensemble de la population comorienne sur la question de l'indépendance. Le résultat est sans appel : 95% de la population se dit en faveur de l'indépendance... sauf Mayotte. En effet, sur l'île, 63% des votes disent leur souhait de rester au sein de la République française. 

Les remontrances des Nations Unies à la France

Consultée un peu moins de deux ans plus tard, la population mahoraise réitère sa volonté de maintien dans l'ensemble français, à 99,4%.

 

Depuis, le gouvernement comorien ne cesse de revendiquer son autorité sur l'île de Mayotte. Un avis qui était même partagé pendant plusieurs décennies par l'Assemblée générale des Nations unies, et ce, jusque dans les années 1990. Ainsi, en 1992, l'ONU répétait encore la nécessaire "intégrité territoriale" de l'archipel des Comores. Ce que la France rejette pour des questions juridiques, l'île ayant été achetée en 1841 alors que le reste de l'archipel était un simple "protectorat".

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En 2009, les pays de l'Union africaine, réunis en Éthiopie, ont réaffirmé l'illégalité de la présence française à Mayotte. Malgré les critiques des Nations Unies, la plupart des pays membres de l'ONU reconnaissent l'appartenance de l'île au reste du territoire français. Avant la fin du processus, en 2011, les Nations unies avaient voté une résolution, non contraignante, pour s'opposer à la départementalisation de l'île, sur le prince de l'indivisibilité des anciens territoires coloniaux.

Désormais, l'appartenance de Mayotte et son statut de département figurent au sein de la Constitution. Et ce, depuis le 11 juillet 2001.

Entre la France et l'union des Comores, ce sujet reste un point de crispation et de tensions entre les deux pays. Preuve de ces tensions ? Le refus, lundi 24 avril, par le pays d'accueillir des bateaux transportant des migrants en provenance de Mayotte.

Benoît LEROY

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