En proie à de nombreuses difficultés, Mayotte est le théâtre d'une importante opération de lutte contre l'immigration illégale et de destruction des bidonvilles. Elle a été baptisée "Wuambushu" ("reprise" ou "poil à gratter", en mahorais). Une action aux objectifs clairs : dissoudre les bidonvilles locaux, où la violence est devenue monnaie courante, et faire baisser de manière drastique l'insécurité sur l'île. Si aucune date de lancement n'a été annoncée officiellement par le ministère de l'Intérieur, de premières expulsions sont prévues dès mardi 25 avril, selon l'AFP.
Devenu un département français en 2011, Mayotte se détache du reste de la France par l'importante part de jeunes au sein de sa population. Ainsi, selon les chiffres de l'Insee, datant de 2017, l'âge moyen de la population mahoraise est de 23 ans, contre 41 ans en métropole. Une situation due, principalement, aux records de naissances battus régulièrement. Chaque année depuis 2012, la population augmente de 3,8% selon les statistiques de l'Insee. Sur cette augmentation annuelle, seul 0,5 point de cette évolution est liée au solde "migratoire apparent", rapporte l'administration.
Toujours selon l'Insee, la moitié des habitants de Mayotte ne possèdent pas la nationalité française. Dans le même temps, près d'un tiers de ces mêmes personnes étrangères sont nées sur le sol mahorais, d'après les spécialistes de la statistique. L’excédent migratoire, redevenu positif depuis le milieu des années 2010, contribue également à l’augmentation de la population. Entre 2012 et 2017, la population de l'archipel augmentait de 1.100 personnes par an simplemement du fait l'excédent migratoire.
Le flux d'immigration est principalement alimenté par les Comores voisines. En effet, Mayotte se situe à moins de 70 km d'Anjouan, l'une des trois grandes îles composant l'Union des Comores. Cette proximité facilite le flux d'immigration clandestine en provenance des Comores, un des pays les plus pauvres au monde. Le plus souvent arrivés à bord de grandes barques de pêche traditionnelle, les immigrés comoriens, rejoints par des ressortissants de pays d'Afrique de l'Est, composent plus de 48% de la population du département français.
Alors que la population de Mayotte était inférieure à 150.000 personnes au début du XXIᵉ siècle, la population atteint désormais les 310.000 habitants selon une note de l'Insee datant de janvier 2023. Une évolution qui a une conséquence : l'inadéquation entre le marché du travail et la population active.
Ainsi, au deuxième trimestre de 2022, l'Insee évaluait le taux d'emploi des 15-64 ans à seulement 30%, soit quatre points de moins par rapport à 2009. Selon les spécialistes de la statistique, il s'agit d'un record depuis 2009. Mayotte reste ainsi de loin le département français au taux de chômage le plus élevé. Au niveau national, hors Mayotte, 67,2% des personnes âgées de 15 à 64 ans étaient "en emploi", selon une publication datant de décembre 2022.
Selon l'Insee, entre 2011 et 2019, seuls 1.800 emplois ont été créés chaque année dans l'archipel mahorais, un niveau suivant quasiment au même rythme celui de la population en âge de travailler, selon les chiffres de 2019 de la Direction de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Mayotte.
Autre grande difficulté à Mayotte, celle de la délinquance. Le sentiment d'insécurité y est particulièrement élevé, au sein du département. Les habitants de Mayotte sont trois fois plus victimes de vols avec ou sans violence que ceux de métropole, selon des données de l'Insee portant sur une période allant de 2018 à 2019. Dans une analyse de novembre 2021, l'Institut de la statistique relevait que "près de la moitié des personnes se sentent en insécurité souvent ou de temps en temps, à leur domicile ou leur quartier, soit cinq à six fois plus que les habitants de l'Hexagone".
Pour autant, le taux de plainte n'est pas très important dans le département. D'après l'Insee, pour un cambriolage, seulement 32 % des ménages se sont déplacés, et 27 % ont déposé plainte (contre 57 % et 49 % dans l’Hexagone). Le sentiment d’insé...
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