REPORTAGE - Opération "Wuambushu" à Mayotte : une île au bord du chaos

LCI - 24/04
[VIDÉO] - Une opération dite "Wuambushu" a été amorcée à Mayotte par le gouvernement pour endiguer la délinquance et l'immigration illégale. L'équipe du JT de TF1 s'est rendu sur l'île, en proie au chaos.

Une opération dite "Wuambushu" a été amorcée à Mayotte par le gouvernement pour endiguer la délinquance et l'immigration illégale.
L'équipe du JT de TF1 s'est rendu sur l'île, en proie au chaos.

Baptisée "Wuambushu", l'opération est imminente : la France s'apprête à déclencher dans les prochains jours une série d'interventions policières contre la délinquance et l'immigration illégale à Mayotte, en procédant à des expulsions massives d'étrangers en situation irrégulière et à des destructions de bidonvilles. 

Mayotte, devenu le 101e département français en 2011, attire chaque année des milliers de migrants, arrivés par la mer en "kwassa kwassa", des embarcations de fortune, de l'île comorienne voisine d'Anjouan, mais également de l'Afrique des Grands Lacs et de plus en plus de Madagascar. Près de la moitié des 350.000 habitants estimés de Mayotte ne possède pas la nationalité française, selon l'Insee, mais un tiers des étrangers sont nés sur l'île. 

Quelque 1800 policiers et gendarmes déjà mobilisés

Ces migrants clandestins, installés dans des quartiers particulièrement insalubres, des "bangas" en proie à la violence et aux trafics, vivent pour la plupart tranquillement sur l'île, occupant de petits emplois. Les mineurs sont scolarisés. Mais ils sont aussi accusés par la population et les élus de déséquilibrer le peu d'infrastructures et ressources de l'île et de nourrir un taux de délinquance "hors normes". Plusieurs opérations dites de "décasage", parfois réalisées par des habitants de l'île eux-mêmes constitués en milices, ont déjà eu lieu depuis 2016.

Lire aussi

En progressant dans les bidonvilles, l'équipe de TF1 découvre des "bangas" qui ont été détruites par leurs occupants eux-mêmes, pour ensuite aller réfugier dans les forêts avoisinantes. Comme on peut le voir dans le sujet en tête de cet article, ils espèrent ainsi avoir plus de chances d'échapper aux forces de l'ordre. Mais dans les quartiers les plus dangereux, d'autres habitants sont déterminés à s'opposer à l'expulsion. 

Les autorités des Comores, qui revendiquent toujours leur souveraineté sur Mayotte, restée française après l'indépendance des Comores en 1974, sont vent debout contre cette opération. L'association Droit au logement (DAL) a, de son côté, appelé dimanche à stopper l'opération "Wuambushu" qu'elle qualifie de "brutale" et d'"anti-pauvres". 

Le gouvernement n'a pas donné de date de lancement ni de fin pour cette opération. Mais quelque 1800 policiers et gendarmes, dont des centaines de renforts de métropole, sont déjà mobilisés dans le petit archipel de l'océan Indien. 

La rédaction de TF1info | Reportage : Ignacio Bornacin et Quentin Danjou

Sur lemême thème

  • #Le WE
  • #Mayotte
  • #Violences, Délinquance, Criminalité
  • #LE WE 20H
  • Police, justice et faits diversOpération Wuambushu à Mayotte : les clandestins dans le viseur

ToutTF1 Info

Les + lusDernière minuteTendance
  • 1
    La "consternation" de la France, nouveaux chars livrés... Le point sur la situation en Ukraine
  • 2
    Disparition de Chloé : comment les enquêteurs ont retrouvé la joggeuse
  • 3
    ENQUÊTE - HHC : pourquoi ce cannabis de synthèse est-il en vente libre ?
  • 4
    Nantes : trois individus se lancent dans un rodéo sauvage à travers un centre commercial
Loading...