Après avoir été largement en retrait du débat public jusqu'à la promulgation de la très contestée réforme des retraites, Emmanuel Macron est retourné se frotter aux Français sur le terrain ces derniers jours et a échangé avec les lecteurs du journal Le Parisien.
Dans l'entretien publié ce dimanche soir, le président de la République estime qu'il aurait dû davantage "se mouiller" pour défendre sa réforme des retraites. Il évoque aussi son projet de loi sur l'immigration ou encore la situation d'inflation que connaît la France. TF1info fait le point sur les différents sujets abordés par le chef de l'État.
D'abord concernant la réforme des retraites, Emmanuel Macron a reconnu qu'il aurait dû se "mouiller" davantage pour la défendre et annoncé qu'il allait dorénavant se "réengager dans le débat public".
"Peut-être que l’erreur a été de ne pas être assez présent pour donner une constance et porter cette réforme moi-même", a dit le président de la République, qui a toutefois affirmé que sa Première ministre Elisabeth Borne a sa "confiance" car "elle fait bien son travail dans un moment difficile pour le pays".
Emmanuel Macron réaffirme aussi sa volonté de réformer les institutions, même si les présidents des assemblées estiment que ce sujet n'est pas prioritaire. Il leur transmettra "une proposition" afin de voir "ce sur quoi il y aurait un chemin". Parmi ces mesures, le président ne s'est pas dit favorable à "la suppression du poste de Premier ministre", alors que François Hollande avait prôné la disparition de la fonction. Il a expliqué s'interroger sur "la question de la souveraineté populaire".
"Faut-il ouvrir ou pas le champ du référendum, du référendum d’initiative partagée (RIP), faut-il plus de proportionnelle à l’Assemblée, faut-il aller vers un règlement des assemblées qui évite le blocage sans aller à la situation qu’on a connue ?" s'est-il interrogé, avant d'évoquer "la reforme de notre autorité judiciaire" et "celle d'une vraie décentralisation".
Concernant la future loi sur l'immigration, Emmanuel Macron a finalement souhaité qu'elle soit présentée "en un seul texte", et non en plusieurs, comme il l'avait annoncé lors d'une allocution le 22 mars dernier. "Je veux une loi efficace et juste, en un seul texte tenant cet équilibre", a déclaré le chef de l'État.
Le projet de loi initial porté par Gérald Darmanin et le ministre du Travail Olivier Dussopt comporte deux volets principaux, chacun irritant une partie des oppositions : d'une part des mesures pour faciliter et accélérer les expulsions des étrangers qui constituent une menace pour l'ordre public, de l'autre des mesures de régularisation pour certains travailleurs sans-papiers dans les secteurs en "tension".
"Le 'en même temps' n’est pas une ambiguïté. Quand vous êtes sur ce chemin de crête, vous êtes attaqué en stéréo, ceux qui disent il est trop mou et ceux qui clament il est affreux", a ironisé Emmanuel Macron, en déplorant un débat "souvent caricatural" autour de l'immigration.
Le chef de l'État reste cependant évasif sur la méthode qui sera employée par l'exécutif pour faire voter ce texte, alors qu'Elisabeth Borne s'est engagée à ne plus employer l'article 49.3, hors textes budgétaires.
Le chef de l'État a également été interrogé sur l'inflation qui frappe le pays. Il a prévenu que la situation serait difficile "jusqu'à la fin de l'été" concernant les prix des produits alimentaires, qui constituent le principal moteur actuel de l'inflation.
"Je vais être honnête, les prix alimentaires, ça va être dur jusqu'à la fin de l'été", a-t-il averti le président, alors que sur un an, les prix de l'alimentation ont continué d'accélérer, grimpant de 15,9% en mars (après 14,8% en février). Face à ces envolées, le chef de l'État a plaidé pour que "le travail paye mieux", renvoyant la balle aux "employeurs" et au "dialogue social".
"Le Smic continue d’augmenter, les autres salaires doivent suivre, et cela fait partie des sujets que l’on a mis à la négociation", a ajouté Emmanuel Macron.
Côté éducation, le président a confirmé son souhait de lan...
[Courte citation de 8% de l'article original]