On dirait le dernier gadget éducatif à la mode, surtout depuis que, fin février sur France Culture, Pap Ndiaye a prévenu qu’il allait bientôt faire des annonces « pour favoriser la mixité scolaire ». Un thème présenté comme prioritaire. Mais depuis, ces annonces ont été sans cesse repoussées, et sans doute reportées pour de bon, leur avenir suspendu – comme, peut-être, celui du ministre lui-même – à l’issue de la crise sociale et démocratique provoquée par la réforme des retraites. Pourtant la mixité scolaire, c’est tout sauf un gadget. C’est même le cœur du problème dans une France où l’école républicaine peine à tenir ses promesses d’égalité, où un véritable séparatisme social s’exprime dans la fréquentation des établissements, et où l’origine sociale demeure un facteur déterminant de la réussite scolaire.
Ces réalités, souvent niées, éclatent depuis que le gouvernement a été contraint par la justice de rendre publics les IPS (indices de position sociale) des collèges, auparavant tenus secrets. Cet indicateur, créé au départ pour intégrer les algorithmes d’affectation comme Affelnet, attribue à chaque élève une note, essentiellement en fonction de la catégorie socioprofessionnelle de ses parents ; et la moyenne des notes de tous les élèves d’un collège établit le niveau social de celui-ci.
La méthode n’est pas parfaite, mais elle a permis de premières études aux résultats… accablants. Une note de la Depp (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation) a ainsi m...
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