Des maisons marquées de croix et de numéros, les sirènes omniprésentes des véhicules de police, les discours de haine et la rumeur… l’île de Mayotte, dans l’archipel des Comores, vit depuis plusieurs semaines dans un climat de terreur. Et ce ne sont là que les prémices de l’opération qu’entend lancer Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, dès la fin du ramadan, le 22 avril. « Wuambushu », c’est son nom. En shimaoré, la langue locale, cela se traduit par « reprise », mais peut également signifier « s’aventurer dans l’inconnu » ou encore « tuez-les », en langue swahili, comme l’indique Mohamed Bashrahil, président comorien de l’Alliance pour la démocratie et le progrès. Beauvau, tout comme la préfecture de Mayotte, se refuse pour l’instant à toute communication officielle sur l’initiative. L’objectif serait d’opérer, en l’espace de deux mois, un « décasage » massif en détruisant plus d’un millier de logements dans les bidonvilles et en expulsant leurs habitants – entre 2 000 et 25 000 selon les sources –vers les autres îles comoriennes. Beaucoup sont en situation irrégulière du point de vue français mais pas pour la communauté internationale, qui ne reconnaît pas la légalité de l’administration française de l’île.
Quoi qu’il en soit, un demi-millier d’agents des forces de sécurité sont en train d’arriver à Mayotte, dont plusieurs membres du Raid et de la compagnie spéciale CRS 8. Trois...
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