Les jardins suspendus de Babylone, la plus mystérieuse des sept merveilles du monde

National Geographic - 20/07
L’emplacement de cette merveille du monde demeure un véritable mystère. Selon les dernières recherches, il faudrait peut-être chercher ailleurs.

Vers l’an 225 avant J.-C., l’ingénieur grec Philon établit une liste de sept temata que nous connaissons mieux aujourd’hui sous le nom des sept merveilles du monde antique. Il s’agit de la pyramide de Khéops, de la statue de Zeus, du temple d’Artémis, du mausolée d’Halicarnasse, du colosse de Rhodes, du phare d’Alexandrie et des jardins suspendus de Babylone, la plus mystérieuse des sept merveilles.

Plusieurs monuments furent ajoutés ou supprimés au gré des époques. Cependant, canonique est la liste des monuments de Philon dont la grandeur et les prouesses techniques impressionnèrent l’esprit classique. La pyramide de Khéops, construite vers le milieu du troisième millénaire avant J.-C., est la seule survivante et demeure presque intacte. Cinq parmi les autres merveilles ont depuis disparu ou se trouvent aujourd’hui à l’état de ruines mais il existe suffisamment de preuves documentaires et archéologiques pour témoigner de leur majesté d’antan. Elles ne sont ni rumeurs ni mythes.

Briques émaillées en provenance de la salle du trône de Nabuchodonosor à Babylone. Musée des Antiquités du Proche-Orient, Berlin.

PHOTOGRAPHIE DE Granger, ACI

Les jardins suspendus de Babylone qui, selon la tradition, étaient l’œuvre du roi Nabuchodonosor II (règne de 605 à 561 avant J.-C.), constituent une véritable énigme. Il n’y a pas de ruines qui rendent compte de leur existence et ils ne furent jamais mentionnés dans les sources babyloniennes. La chasse aux jardins fut l’une des quêtes les plus captivantes des érudits mésopotamiens. Les archéologues tentent de savoir, aujourd'hui encore, où se trouvaient ces jardins à Babylone et ce qui les rendait si particuliers. Ils se demandent également ce que le terme « suspendus » pouvait bien dire. À quoi ressemblaient ces jardins ? Comment étaient-ils arrosés ? Ont-ils seulement existé ?

 

D’INSAISISSABLES JARDINS

Hormis Babylone, tous les monuments sur la liste de Philon se trouvaient en Méditerranée orientale ou dans les environs, notamment dans la sphère d’influence helléniste. Les jardins suspendus sont un cas à part. « C’est un long périple vers la Perse, de l’autre côté de l’Euphrate. »

Lorsque Philon écrivit ces mots, Alexandre le Grand (mort en 323 avant J.-C.) s’était déjà emparé de Babylone et de l’Empire perse un siècle plus tôt. Malgré l’expansion de la culture grecque vers l’est en Asie Centrale sous le jo...
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