Sondages en berne, manifestation… Le couronnement de Charles III agace beaucoup au Royaume-Uni

LCI - 19/04
[VIDÉO] - La cérémonie du 6 mai cristallise les colères outre-Manche, où bon nombre de Britanniques ne veulent pas en entendre parler. Plus d’un sur deux estime que l’évènement ne devrait pas être financé par les deniers publics, selon une enquête de YouGov. De quoi alimenter le mouvement anti-monarchiste, bien décidé à donner de la voix le jour J.

La cérémonie du 6 mai cristallise les colères outre-Manche, où bon nombre de Britanniques ne veulent pas en entendre parler.
Plus d’un sur deux estime que l’évènement ne devrait pas être financé par les deniers publics, selon une enquête de YouGov.
De quoi alimenter le mouvement anti-monarchiste, bien décidé à donner de la voix le jour J.

En se baladant les rues de Londres, difficile d’imaginer que la ville accueillera dans trois semaines un évènement inédit depuis 70 ans. Alors que dès la mi-mai l’an dernier, la capitale anglaise s’était parée de drapeaux violets à l’effigie d’Elizabeth II pour son jubilé de platine début juin, rien ne fait signe vers le couronnement de Charles III. Ce n’est qu’une fois sur le Mall, la longue avenue qui mène jusqu’à Buckingham Palace, que se déploient de larges Union Jack accrochés à des poteaux surmontés de couronnes.

Dans les boutiques de souvenirs aussi, Charles III peine à se faire une place face à sa mère encore omniprésente sur les tasses, torchons et autres magnets. Même dans le magasin très officiel du palais, les goodies à l’effigie du couronnement sont bien moindres que ceux dévoilés pour le jubilé. Même si les vendeurs tentent de nous convaincre du contraire. Le nouveau roi d’Angleterre ferait-il profil bas ? En annonçant la date de son couronnement, le souverain avait promis un évènement plus sobre et plus moderne que celui d’Elizabeth II en 1953.

La révolte écossaise

Une façon aussi, sans doute, de tenter d’apaiser les plus récalcitrants. Et ils sont nombreux à en croire plusieurs sondages publiés par YouGov, qui depuis plusieurs années maintenant mesure la popularité des membres de la famille royale auprès des Britanniques. Même décédée, Elizabeth II reste la favorite de ses sujets avec 80% d’avis favorables quand Charles III, lui, ne se classe que cinquième avec 55%, derrière sa sœur la princesse Anne, son fils le prince William et sa belle-fille Kate. Son épouse et future reine Camilla stagne à 38% d'opinions positives. À l’approche de la cérémonie qui le fera officiellement roi, les enquêtes d’opinion ne penchent pas franchement en sa faveur. Ils sont 64% à "n’être pas beaucoup intéressés" (35%) voire "pas du tout" (29%) par son couronnement. 

Le 6 mai, 28% des sondés assurent qu’ils "ne regarderont pas du tout" le couronnement tandis que 20% ne seront "probablement pas" devant leur téléviseur. Un Britannique sur deux (51%) estime enfin que l’évènement ne devrait pas être financé par leurs impôts. Dans le détail, ces chiffres offrent surtout une carte précise de la partie de la population ne souhaitant pas franchement entendre parler de Charles III. La désapprobation est particulièrement élevée chez les 18-24 ans et en Écosse qui rêve d'indépendance. La majorité des Écossais boudera la cérémonie (50%) et refuse de la financer (58%).

Un rassemblement "bruyant mais pacifiste" le 6 mai

La mort d’Elizabeth II en septembre a ranimé les débats sur la place de la monarchie outre-Manche, offrant une tribune plus large à ses opposants. Le groupe Republic, qui milite pour l’abolition du régime actuel, tente régulièrement d’interpeller Charles III dans ses déplacements. Sur leurs pancartes ? Not my king, en français "Pas mon roi", une campagne qui a gagné en vigueur depuis l’annonce de la date du couronnement. Republic dénonce "une pantomime inutile qui coûtera des dizaines de millions de pounds pour que (le roi) puisse faire étalage du pouvoir héréditaire et du privilège".

Buckingham n’a pas communiqué sur le montant total de la facture qui pourrait atteindre plusieurs dizaines de millions de pounds. Une somme polémique alors que le Royaume-Uni traverse l’une des pires crises économiques et sociales de ces dernières années, marquée notamment par une inflation supérieure à 10% et de nombreuses grèves. Jour de fête pour beaucoup, le couronnement du 6 mai sera l’occasion pour les anti-royalistes de faire entendre leur voix. 

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[Courte citation de 8% de l'article original]

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