Le réchauffement de la troposphère pourrait avoir été sous-estimé

Nathalie Mayer - Futura Sciences - 07/06
Et si le réchauffement de la troposphère, la couche de l’atmosphère en contact avec le sol, avait été sous-estimé par les relevés satellite ? C’est la question que posent très sérieusement...

Et si le réchauffement de la troposphère, la couche de l'atmosphère en contact avec le sol, avait été sous-estimé par les relevés satellite ? C'est la question que posent très sérieusement aujourd'hui des chercheurs après qu'ils ont découvert quelques incohérences.

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[EN VIDÉO] COP 21 : les solutions pour limiter le réchauffement climatique  Durant cette interview tournée par l’éditeur de livre Dunod, Jean Jouzel, climatologue et glaciologue, nous parle des conséquences du réchauffement climatique et des solutions qu’il faudrait mettre en place pour le ralentir au maximum. Il aborde aussi la question de la COP 21, la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui se déroulera début décembre à Paris. 

La troposphère, c'est la couche de notre atmosphère la plus basse. Celle qui touche notre sol et s'étend tout de même jusqu'à quelque dix kilomètres d'altitude. Un peu plus à l'équateur. Un peu moins aux pôles. Et des chercheurs du Lawrence Livermore National Laboratory (LLNL, États-Unis) nous apprennent aujourd'hui que les mesures satellite de la température de cette troposphère ont peut-être sous-estimé le réchauffement climatique au cours des quarante années écoulées.

Rappelons que la relation entre la température et l'humidité dans l'air est régie par des équations de la physique. Or les chercheurs du LLNL ont découvert qu'un certain nombre de mesures de température et d'humidité injectées dans les modèles climatiques donnaient des résultats manquant de cohérence. Leur conclusion : les mesures satellite ont soit sous-estimé la température de la troposphère, soit sous-estimé son humidité.

Des ensembles de données à corriger

Leur analyse montre plus exactement que plusieurs ensembles de données d’observation, notamment celles avec les plus petites valeurs de réchauffement, sont en contradiction avec d'autres variables complémentaires mesurées indépendamment. Des variables ayant une relation physique les unes avec les autres. Ainsi, les mesures qui révèlent le moins de réchauffement pourraient bien s'avérer les moins fiables.

Selon les chercheurs, comparer ainsi des mesures complémentaires pour tester la fiabilité des observations peut aider à juger de la crédibilité de différents ensembles de données. Et à suivre le réchauffement avec plus de précision. Un travail approfondi devra aussi être mené pour comprendre comment les satellites peuvent ainsi se tromper. Que ce soit finalement concernant la valeur de l'humidité ou celle des températures.

Pour en savoir plus

Réchauffement climatique : la hausse moyenne des températures est plus importante que prévu

Plus 1,5 °C, c'est la barre symbolique du réchauffement climatique que nous ne voudrions pas dépasser. Les États s'y sont engagés en signant l'Accord de Paris. Mais des chercheurs montrent aujourd'hui que nous pourrions déjà en être bien plus proches que nous le pensions. Notre budget carbone en prend un sérieux coup !

Article de Nathalie Mayer paru le 21/12/2020

En 2015, presque tous les pays du monde signaient l'Accord de Paris. Ils s'engageaient alors à limiter le réchauffement climatique à « bien en dessous » de + 2 °C - par rapport aux niveaux préindustriels - et si possible, à plus + 1,5 °C. Cinq ans plus tard, même si la croissance des émissions de gaz à effet de serre a ralenti, les chercheurs soulignent que les efforts consentis jusqu'à présent ne suffiront pas à atteindre ces objectifs.

Aujourd'hui, la dernière génération de modèles climatiques - que les chercheurs appellent CMIP6 - permet de prévoir que, dans un scénario où les émissions ne sont pas rapidement réduites, nous dépasserons les + 1,5 °C de réchauffement entre 2026 et 2042. Très vraisemblablement entre 2030 et 2032. Le seuil des + 2 °C pourrait même être atteint autour de 2043.

C'était sans compter la publication de nouveaux travaux basés...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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