Et le meilleur film de Martin Scorsese est…
A l’occasion des 80 ans du réalisateur de Taxi Driver, nous repartageons ce top initialement publié en 2015, et augmenté depuis d’entrées consacrées à Silence, Rolling Thunder Review et The Irishman. Seuls les films (ciné ou télé) ont été pris en compte, ce qui laisse de côté les clips, pubs, courts-métrages, séries documentaires et pilotes de séries.
# 39 : The 50 Year Argument (2014)
Une institution (Martin Scorsese) en célèbre une autre (la New York Review of Books), à l’occasion des 50 ans de la prestigieuse revue. Un demi-siècle de débats intellectuels, de l’opposition à la guerre du Vietnam au mouvement Occupy Wall Street, où planent les ombres de Susan Sontag, Norman Mailer, Gore Vidal, Joan Didion… Ça devrait être passionnant, c’est à mourir d’ennui, en grande partie à cause du ton auto-satisfait des intervenants (pour la plupart octogénaires). Dire que six mois plus tôt, l’homme derrière la caméra filmait Leo Di Caprio se faisant des lignes sur le postérieur d’une escort-girl…
# 38 Rolling Thunder Review : A Bob Dylan Story by Martin Scorsese (2019)
14 ans après No Direction Home, nouvelle rencontre au sommet entre Bob Dylan et Martin Scorsese. Une plongée dans les images (fabuleuses) de la tournée Rolling Thunder Review de 1975, celle avec l’ambiance bohémienne, les guests en pagaille et le visage de Dylan fardé comme celui de Jean-Louis Barrault dans Les Enfants du Paradis. Mais attention : « Si quelqu’un porte un masque, il te dira la vérité. S’il n’en a pas, il y a des chances qu’il te mente », glisse Dylan en préambule, l’air de rien. Et il n’est pas maquillé quand il dit ça… Ce film est en grande partie un fake, une affabulation, entremêlant point de vue historique sur la tournée légendaire et pur bidonnage. Une sorte d’équivalent rock au Vérités et Mensonges d’Orson Welles, mais sans aucun mode d’emploi, ni vertige théorique à l’arrivée. Le seul moyen de comprendre qu’on nous a joué un tour est de lire, après le visionnage, l’article de Rolling Stone révélant la supercherie. Mais alors, à quoi bon ? Est-ce une réflexion sur le statut des archives à l’ère de la post-vérité ? Un écho à The Irishman, l’autre Scorsese sorti cette année-là, basé lui aussi sur un narrateur non fiable et des souvenirs à prendre avec des pincettes ? Ou juste un attrape-nigaud imaginé par deux papy-boomers facétieux ? Pas compris la blague.
# 37 : Hugo Cabret (2011)
Scorsese quitte parfois Little Italy pour aller voir ailleurs s’il y est. Il furette du côté du « film de femme » (Alice n’est plus ici), du drame historique en costumes (Le Temps de l’innocence), du biopic world (Kundun). Il s’est même essayé au conte de Noël en 3D, une boule à neige géante pour petits et grands. Pour être sûr de s’y retrouver, il s’est projeté dans deux personnages à la fois : l’enfant enthousiaste qui écarquille les yeux sur le 20ème siècle naissant, et le vieil illusionniste bougon et fatigué. Il s’est cherché partout. Il n’y était pas du tout.
# 36 : Du Mali au Mississippi (2003)
Au sein d’une série documentaire sur le blues initiée par ses soins et confiée à tout un tas de cadors mélomanes (Clint Eastwood, Wim Wenders…), Scorsese se charge de sonder les racines africaines du son du Delta du Missis...
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