Réforme des retraites : quel avenir pour la Première ministre Elisabeth Borne ?

LCI - 17/04
[VIDÉO] - La Première ministre sort fragilisée du conflit social contre la réforme des retraites, notamment marqué par la motion de censure rejetée à seulement neuf voix près. Critiquée par les oppositions, certains demandent sa démission. Mais au sein de la majorité, on envisage difficilement de la remplacer.

La Première ministre sort fragilisée du conflit social contre la réforme des retraites, notamment marqué par la motion de censure rejetée à seulement neuf voix près.
Critiquée par les oppositions, certains demandent sa démission.
Mais au sein de la majorité, on envisage difficilement de la remplacer.

Fragilisée, critiquée, mais toujours cheffe. À quelques heures de l'allocution d'Emmanuel Macron, les hypothèses d'un remaniement et d'un changement à la tête du gouvernement semblent s'éloigner. Le conflit social a pourtant abimé la position d'Elisabeth Borne, particulièrement à la suite du rejet à seulement neuf voix près d'une motion de censure visant son gouvernement.

"La Première ministre, elle est terminée - comme M. Dussopt, tous ces gens n'ont plus aucune autorité. Elle est carbonisée politiquement. Elle sait que son avenir est compté", affirmait ainsi le vice-président du groupe LFI à l'Assemblée Alexis Corbière ce lundi 17 avril sur LCI. "Nous avons une Première ministre totalement carbonisée, un gouvernement décrédibilisé, un président de la République qui est contesté de manière massive, voire violente", jugeait de son côté la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen.

Un changement à Matignon difficilement envisageable

Pourtant, au sein de la majorité, un changement à Matignon semble difficilement envisageable. "Je soutiens complètement la Première ministre", déclarait ainsi Stéphane Séjourné, secrétaire général du parti présidentiel Renaissance, dans le Parisien mercredi. "Emmanuel Macron n'aime pas changer aussi souvent que les observateurs voudraient qu'il le fasse", renchérissait François Bayrou sur LCI dimanche, semblant par conséquent écarter tout départ d'Elisabeth Borne du gouvernement. 

De même pour ceux qui voient malgré tout le remaniement comme une option pour relancer un quinquennat en crise, un an seulement après avoir débuté. "Ça sera utile de remanier, mais sans toucher à la tête de gondole", jugeait ainsi auprès de LCI un cadre de la majorité présidentielle en marge du Conseil national du parti présidentiel Renaissance, samedi. "Même si Elisabeth Borne reste, il faut muscler le gouvernement derrière elle, c’est une certitude", estimait encore un proche du président.

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Elisabeth Borne devrait donc bien rester à Matignon, comme elle avait déjà pu le laisser entendre au Parisien, le 8 avril dernier. "Je pense encore être utile dans la crise que traverse notre pays", plaidait-elle alors, ajoutant qu'"avec le président de la République, nous avons convenu qu’on se donnait de la visibilité sur les prochains mois". Le Président lui avait alors confié la difficile tâche de mener des concertations et de lui remettre sa feuille de route pour tirer des leçons de la période. Dès le lendemain de la décision du Conseil constitutionnel, la Première ministre a laissé entrevoir un statu quo. 

"Je suis convaincue que si l'heure n'est pas aux coalitions, des majorités sont possibles, projet par projet, pour offrir des solutions aux Français", a-t-elle ainsi répété dans une prise de parole au Conseil national du parti, samedi. "Bien sûr, nous allons nous heurter aux nostalgiques des vieux clivages, à ceux qui préfèrent se renier plutôt que de construire avec nous, à ceux qui sacrifient l’intérêt du pays pour aller dans le sens du vent. Mais, nous ne serons jamais le camp du renoncement", a assuré la Première ministre, décidée semble-t-il de son côté à ne pas renoncer à sa tâche.

A. Lo.

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