Après trois mois de conflit social, le président compte clore le chapitre de la réforme des retraites, désormais promulguée. Pour ce faire, son allocution prévue ce lundi 17 avril est présentée comme un moyen de "réparer le lien" avec les Français, mais aussi de réaffirmer "le cap qui est le sien : ordre républicain, plein emploi et réindustrialisation, progrès au quotidien". Pour cela, de grands chantiers, dont certains ont déjà été lancés, sont prévus et devraient permettre de relancer un quinquennat pour l'instant miné par la contestation contre la réforme des retraites.
Le projet de loi promettait d'être un chantier explosif après la réforme des retraites. Il prévoyait une série de mesures pour faciliter les expulsions, surtout des étrangers "délinquants", une réforme du droit d'asile et un volet intégration, notamment la régularisation des travailleurs sans-papiers dans les "métiers en tension" (restauration, bâtiment...) où les employeurs peinent à embaucher.
Face à la crispation des oppositions et à la force du mouvement social, Emmanuel Macron avait finalement annoncé renoncer à ce projet de loi sans complètement l'abandonner. Lors de l'interview qu'il a accordée le 22 mars dernier, il avait expliqué que le texte serait "découpé" en "textes plus courts", examinés "dans les prochaines semaines". Les mesures pourraient donc revenir à l'agenda politique prochainement.
Le plein-emploi reste l'une des priorités énoncées par Emmanuel Macron qui l'a même présenté comme un objectif à atteindre pour 2027. Un projet de loi à ce sujet était prévu pour le mois de juillet au Sénat. Il avait notamment pour ambition de créer "France Travail", chargé de remplacer l'organisme "Pôle emploi", afin d'aller chercher en particulier les chômeurs de longue durée et les bénéficiaires du RSA.
Ce texte pourrait par ailleurs être enrichi des mesures sociales de la réforme des retraites qui ont été retoquées par le Conseil constitutionnel. C'est le cas notamment de l'index ou le CDI senior. Le président lors de son interview aux JT du 13 heures avait exprimé le vœu de revenir également sur le sujet de l'usure professionnelle et des fins de carrières, tout comme celui des reconversions. C'est donc une vaste réforme sur le travail qui semble se préparer, sans pour autant qu'un dialogue avec les partenaires sociaux soit assuré, du fait du blocage créé par la réforme des retraites.
Parmi le cap qu'avait présenté Emmanuel Macron, le chef de l'État a finalement évoqué "les progrès au quotidien", incluant l'école, la santé et l'écologie. Un moyen pour le président de faire des annonces pour améliorer "concrètement" le "quotidien" des Français. Présentée en janvier, la réforme du système de santé suit son cours, avec notamment des mesures pour lutter contre les déserts médicaux.
Concernant l'école, des mesures sont attendues depuis plusieurs mois. Repoussées à cause de la contestation sociale, elles devraient finalement être annoncées le 11 mai prochain par le ministre de l'Éducation, Pap Ndiaye. Elles devraient concerner le sujet de la mixité scolaire et sociale. Un "engagement" des écoles privées catholiques est aussi prévu. Un protocole visant à augmenter la proportion de boursiers dans ces établissements serait sur le point d'être finalisé.
En terme d'écologie, un projet de loi lié à la réindustrialisation, autre thématique régulièrement mise en avant par le président, est en préparation. Début avril, plusieurs élus et industriels ont ainsi présenté une série de propositions pour bâtir le futur projet de loi sur "l'industrie verte" que le gouvernement souhaiterait déposer avant l'été. Des mesures qui visent à favoriser une réindustrialisation décarbonée du pays, tout en combattant le réchauffement climatique, la pollution et l'étalement urbain.
Enfin, début avril, Emmanuel Macron a annoncé devant les membres de la Convention citoyenne sur la fin de vie qu'il souhaitait une nouvelle loi à ce sujet "d'ici la fin de l'été" 2023. "En lien avec les parlementaires", avec "toutes les parties...
[Courte citation de 8% de l'article original]