VIDÉO - Crash du vol Rio-Paris : le "désir de justice" des familles avant la décision pour Airbus et Air France

LCI - 17/04
[VIDÉO] - La décision est attendue par les familles des victimes. Près de 14 ans après le crash du vol Rio-Paris, qui a causé la mort de 228 personnes en 2009, la justice se prononce, ce lundi 17 avril, sur les responsabilités d'Airbus et d'Air France. L'avionneur européen et la compagnie française, qui se défendent de toute faute, encourent une condamnation symbolique.

La décision est attendue par les familles des victimes.
Près de 14 ans après le crash du vol Rio-Paris, qui a causé la mort de 228 personnes en 2009, la justice se prononce, ce lundi 17 avril, sur les responsabilités d'Airbus et d'Air France.
L'avionneur européen et la compagnie française, qui se défendent de toute faute, encourent une condamnation symbolique.

Les familles attendent des réponses. Près de 14 ans après le crash du vol Rio-Paris, l'heure du jugement est arrivée pour Airbus et Air France, poursuivis pour "homicides involontaires". Le 1er juin 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s'est abîmé en pleine nuit dans l'Atlantique, quelques heures après son décollage, entraînant la mort de ses 216 passagers et 12 membres d'équipage. À bord de l'A330, immatriculé F-GZCP, se trouvaient des personnes de 33 nationalités, dont 72 Français et 58 Brésiliens. Un bilan humain qui en fait l'accident le plus meurtrier de l'histoire des compagnies aériennes françaises.

Lundi 17 avril, à partir de 13h30, le tribunal de Paris va donner lecture de sa décision et dire si l'avionneur européen, constructeur de l'Airbus A330-200 accidenté, et la compagnie française, qui encourent 225.000 euros d'amende, ont commis ou non des fautes en lien certain avec l'accident. Un moment très attendu par les proches des victimes. "Perdre un être proche dans des conditions pareilles, c'est quelque chose qui vous marque à vie", confie à TF1info Ophélie Toulliou, qui a perdu son frère Nicolas, 27 ans, dans le crash. "Si la décision est de relaxer Airbus et Air France, ce sera terrible. Je ne peux pas vous dire à l'avance comment je vais le vivre, mais ça voudrait dire qu'on se bat depuis 14 ans pour rien."

Airbus et Air France ont plaidé la relaxe

À l'issue du procès, qui s'est déroulé du 10 octobre au 8 décembre, faisant suite à une procédure-marathon marquée par une bataille d'experts et un non-lieu prononcé en 2019, le parquet a requis la relaxe des deux entreprises, estimant que leur culpabilité était "impossible à démontrer" dans le crash du vol AF447. Tout au long du procès, les représentants d'Airbus et d'Air France ont soutenu que les sociétés n'avaient pas commis de faute pénale. Leurs avocats ont ainsi plaidé la relaxe, une "décision humainement difficile, mais techniquement et juridiquement justifiée", selon le conseil d'Airbus.

Un réquisitoire "que les parties civiles n'ont pas accepté, exclusivement à charge contre les pilotes et en faveur de deux multinationales", a fustigé Danièle Lamy, présidente de l'association Entraide et Solidarité AF447, qui représente les familles des 228 victimes. Localisées deux ans après le crash, à 3900 mètres de profondeur, les boîtes noires de l'appareil avaient confirmé le point de départ de l'accident de l'A330 : le givrage des sondes de vitesse Pitot, alors que l'avion volait à haute altitude dans la zone météo difficile du "Pot au noir", près de l'équateur. Déstabilisé par les conséquences de cette panne, l'un des copilotes avait adopté une trajectoire ascendante et, dans l'incompréhension, les trois pilotes n'avaient pas réussi à reprendre le contrôle de l'A330 qui avait décroché et heurté l'océan 4 minutes et 23 secondes plus tard.

Les proches des familles ont un "désir de justice"

Les investigations ont montré que des incidents de sondes similaires s'étaient multipliés dans les mois précédant l'accident. Air France a-t-elle suffisamment formé et informé ses équipages ? Airbus a-t-il sous-estimé la gravité du problème et trop peu alerté les compagnies ? Ces questions ont été minutieusement débattues pendant les deux mois du procès : le tribunal a entendu experts, gendarmes, pilotes, autorités de contrôle aérien, l'ancien patron d'Air Caraïbes et les proches des victimes. Les juges ont tenté de comprendre les réactions de l'équipage dans le cockpit mais aussi la dangerosité, à l'époque, des différentes sondes Pitot. Après la catastrophe, le modèle installé sur le vol AF447 a été remplacé dans le monde. Le drame a entraîné d'autres modifications technique...
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