Que s'est-il passé dans la nuit de samedi à dimanche dernier au 17 rue de Tivoli, à Marseille ? Depuis l'effondrement d'un immeuble qui a coûté la vie à huit personnes, les jours passent mais les questions demeurent. "Le gaz, pas le gaz ? Pour que tout s'écroule, qu'il y ait une explosion aussi importante...", s'interroge une passante dans le reportage du 20H de TF1 en tête d'article.
L'explosion au gaz est en effet toujours l'option privilégiée par les enquêteurs. Leur attention se porte en particulier sur les appartements du rez-de-chaussée et du premier étage, tous deux alimentés au gaz. Selon la procureure, ni les services de GRDF ni les marins-pompiers de Marseille n'avaient "effectué d'intervention dans les six mois précédents cet événement" dans ce bâtiment, a-t-elle indiqué mercredi.
Pour le fils d'un couple de victimes, l'occupante au premier niveau est responsable du drame. Antoinietta Vaccaro, 88 ans, laissait selon lui souvent le gaz ouvert, comme il l'affirmait auprès de TF1 cette semaine. "Devant l'inaction de certains, mes parents avaient décidé d'acheter de leurs propres deniers une cuisinière électrique, dans l'espoir que tout danger puisse être écarté", assurait Bruno Sinapi mercredi, dans la vidéo ci-dessous.
Il a porté plainte contre X pour homicide involontaire, estimant notamment que les services sociaux avaient été informés de la situation mais n'auraient pas agi, ce que le Centre communal d'action sociale (CCAS) de la ville de Marseille dément. Le neveu d'Antoinietta Vacarro assure de son côté que sa tante n'utilisait plus le gaz depuis quelque temps, puisqu'elle disposait de cette cuisinière électrique, installée trois semaines avant l'effondrement.
Ce jour-là, les techniciens ont-ils bien embarqué sa vieille gazinière et fermé le gaz en partant ? L'accident se serait-il déroulé dans un autre appartement ? Pour répondre à ces questions toujours en suspens, les enquêteurs analysent actuellement les données de plusieurs compteurs, de petits boîtiers jaunes capables d'indiquer une consommation anormale de gaz dans les 24 heures avant l'explosion. Les résultats de ces expertises ne sont pas encore connus, mais il est d'ores et déjà certain qu'ils ne suffiront pas à déterminer la cause de l'accident.
Pour cause, les gravats du bâtiment avaient été ravagés par un puissant départ de feu, qui avait considérablement ralenti le travail des secouristes, qui tentaient de venir en aide aux victimes. "L'incendie provoque justement d'énormes dégâts, à la fois sur les matériels et les structures. Et parfois, ces dégâts brouillent les pistes, ils ne facilitent pas la lecture des indices", explique Joël Hovsepian, expert judiciaire en incendie.
"Le mécanisme ayant conduit à cette explosion restera à déterminer à l'issue d’investigations et d'opérations d'expertises qui seront nécessairement longues et complexes", a reconnu de son côté le parquet de Marseille. Un appel à témoins a été lancé cette semaine dans l'espoir d'accélérer l'enquête. Plusieurs personnes présentes dans les alentours de l'immeuble entre 0h30 et 0h45 la nuit du drame ont été entendues.
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