Incendie dans les Pyrénées-Orientales : la tramontane, ennemie redoutée des soldats du feu

LCI - 16/04
[VIDÉO] - Depuis dimanche matin, un feu parcourt la Côte Vermeille, entre Cerbère (66), où il a démarré, et Portbou en Espagne. À 20h, il avait parcouru plus de 900 hectares. Cet incendie, semblable à ceux qui se déclenchent en été, est propulsé par ce vent régional, la tramontane, que les pompiers surveillent avec attention et qui va alimenter les flammes au moins pendant deux jours encore.

Depuis dimanche matin, un feu parcourt la Côte Vermeille, entre Cerbère (66), où il a démarré, et Portbou en Espagne.
À 20h, il avait parcouru plus de 900 hectares.
Cet incendie, semblable à ceux qui se déclenchent en été, est propulsé par ce vent régional, la tramontane, que les pompiers surveillent avec attention et qui va alimenter les flammes au moins pendant deux jours encore.

C'est un élément redouté des pompiers, encore plus dans cet endroit de la France. Depuis 9h30, sur les hauteurs de Cerbère, une commune de la Côte Vermeille, plus de 360 soldats du feu venus de toute la région et de Catalogne luttent contre un feu de végétation qui avance à vitesse grand V. Ils savent d'ores et déjà que le combat va être âpre : dix heures après son départ, il avait avalé plus de 900 hectares et atteint l'Espagne voisine. 

L'incendie, similaire à ceux que peut connaître la région en été, est poussé par une forte tramontane. Ce vent, qui parcourt les contreforts des Pyrénées et les monts du sud du Massif central, souffle avec vigueur au printemps, par rafales pouvant dépasser 100 km/h. Il peut souffler, comme à Perpignan, pendant 115 jours par an. Dans la nuit de samedi à dimanche, une bourrasque a même été chronométrée à 140 km/h au Cap Béar voisin rapporte L'Indépendant. 

Lorsque la tramontane s'engouffre, ça fait comme dans une machine à laver

Éric Belgioïno, le responsable des pompiers du 66

Les pompiers du coin les redoutent au plus haut point. Et pour cause : dimanche, la violence de ces rafales - dont certaines ont été relevées à plus de 120km/h sur les reliefs -, ont empêché les Canadair envoyés sur place d'épauler les troupes. Ce vent régional, semblable au mistral provençal, attise les flammes, accélère l'incendie, tourbillonne et peut envoyer le feu dans n'importe quel sens. Un fléau : "Nous sommes dans des sortes de cuvettes, ici, dans les Albères, explique le chef des pompiers des Pyrénées-Orientales, Éric Belgioïno. La tramontane, lorsqu'elle s'engouffre dans cette cuvette, ça fait comme dans une machine à laver : le vent tournoie, et pour les moyens aériens, c'est par sécurité qu'ils ne s'engagent pas, car ils risqueraient un accident dramatique". 

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Au sol, entre une végétation extrêmement sèche et des sols arides comme jamais les Pyrénées-Orientales n'en ont connus, les conditions dans lesquelles les soldats du feu évoluent sont aussi périlleuses. Et le vent ne compte pas faciliter l'opération. Une fois le soleil couché, même si la tramontane doit faiblir pour passer à 60km/h, il leur faudra "sécuriser les lisières sur un terrain extrêmement vaste, particulièrement accidenté et avec des versants accessibles uniquement à pied. Ce sera très difficile pendant la nuit", a prévenu le chef des pompiers des Pyrénées-Orientales. L'opération le sera aussi, très probablement, dans les deux jours qui viennent : il est prévu que la tramontane reste constante lundi et mardi encore.

Emmanuel BOUSQUET

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