En 1999, le hacker américain Éric Raymond publie un essai, La Cathédrale et le Bazar, où il expose les principes de l'open source. La Cathédrale correspond au mode «classique» de conception de logiciel, c'est-à-dire une structure organisée, hiérarchisée, compartimentée, avec des armées de programmeurs, de debuggers, des années de développement pour un produit souvent imparfait, voire déjà dépassé par la vitesse d'évolution du marché. Par contraste, le Bazar, c'est la philosophie Linux, c'est-à-dire du code source ouvert, librement partagé et qui permet aux utilisateurs d'y apporter des améliorations et des modifications. C'est la logique de réseau contre la hiérarchie verticalisée.
Or, si tout sépare le monde des geeks anarchistes en baskets et t-shirts criards de celui des espions de Tom Clancy, les mêmes principes de l'open source sont à l'œuvre dans la transformation du renseignement américain: vélocité dans le cycle collecte-traitement-analyse d'informations, décentralisation des sources, explosion quantitative du volume de données traitées, décloisonnement des disciplines, coopération avec l'extérieur… Pour les services secrets du monde entier, chapelles isolées, hiérarchisées, rétives au changement et méfiantes vis-à-vis de la technologie, on est ...
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