Dans le cadre de la Décennie internationale d’action « L’eau et le développement durable », les Nations unies ont organisé en mars 2023 une grande conférence internationale sur l’eau, la première depuis 1977. Les défis liés à l’eau n’ont jamais été aussi importants : 2 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, le manque d’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement reste la première cause de mortalité dans le monde, et la situation a malheureusement tendance à s’aggraver.
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Dans les pays comme le nôtre, nous n'avons pas l'habitude de gérer l'eau au plus près comme dans les pays secs, il va pourtant falloir apprendre à le faire. Bien entendu, il faut s'adapter aux conditions locales : gérer l'eau dans les pays où il pleut trop, ça consiste à bien l'évacuer, ou à construire des digues pour limiter les inondations. Dans les pays très secs, il faut orienter les efforts principalement sur la satisfaction des besoins les plus primaires : boire, faire la cuisine et se laver un minimum.
Fort heureusement pour elle, la France, pays tempéré, ne se situe dans aucun de ces 2 cas : il pleut et il pleuvra durablement assez d’eau sur l'Hexagone pour pouvoir boire, se laver, faire tourner nos industries et se nourrir, nourrir, même si la situation est plus difficile dans le sud-est qu'en Bretagne.
Question inondations, nous avons cependant beaucoup investi depuis des siècles : la seule « levée de la Loire » aligne 550 kilomètres de digues de plus de 7 mètres de hauteur, il est indispensable de maintenir ces efforts : nous avons vu en 2010 que la tempête Xynthia a réussi à ouvrir des brèches dans les digues de Vendée, provoquant une cinquantaine de morts.
En moyenne, il tombe entre 650 et 850 millimètres d'eau sur la France. En 2022, année exceptionnellement sèche, il n’est tombé que 600 millimètres, il ne faudrait pas que cela s’aggrave trop dans les années qui viennent mais, même dans ce cas, notre problème reste de la gestion de l’eau, pas de la pénurie. D’ailleurs, les récoltes 2022 ont encore été correctes, sauf exceptions.
Notre problème est donc de conjuguer divers moyens pour conserver une partie de l’eau tombée en hiver pour l’utiliser à bon escient pendant les étés qui seront de plus en plus secs avec le dérèglement climatique. Notons que, comme sur d'autres sujets, il est illusoire de penser qu'il n’y a qu’une solution. Chaque région, chaque canton doit mettre en œuvre une batterie de solutions complémentaires. Beaucoup sont déjà inventées et ont été parfois négligées, et, nécessité fait loi, nous allons évidemment chercher plus activement et en trouver d'autres dans les années qui viennent. On peut citer, entre autres (liste non limitative) :
Débusquer et éliminer systématiquement les fuites sur les réseaux hydrauliques. On estime que le réseau d'eau français est encore victime d'un taux de fuite de 20 %. Dans certaines villes, on arrive même à un litre sur deux ! On peut, on doit, faire beaucoup mieux, et ça paye : la Fédération des entreprises de l'eau estime qu’en 13 ans, de 2006 à 2019, l'amélioration des taux de rendement a permis de prélever 1,1 milliard de mètres cubes par an en moins dans la nature, alors que, pendant la même période, la population a augmenté de 4,5 millions d...
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