Un nom qui fait polémique. En plein débat autour du projet de construction de 16 "méga-bassines" dans les Pays de la Loire, et notamment à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, un groupe d'experts s'est positionné sur le sujet. Un comité, baptisé "Giec des Pays de la Loire", a ainsi recommandé l'interdiction de la construction de ces retenues d'eau, destinées à un usage agricole.
Mais au-delà de cette prise de position présentée dans un rapport intitulé "Des propositions pour passer à l'action", le nom de ce comité en a interrogé plus d'un sur les réseaux sociaux. Le "Giec des Pays de la Loire" semble effectivement évoquer, par son nom, l'organe scientifique de l'ONU, ou Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (The Intergovernmental Panel on Climate Change ou IPCC en anglais). Le comité régional n'a néanmoins aucun lien avec cet organisme, composé de 195 États et chargé d'évaluer la réalité, les causes et les conséquences du changement climatique en cours dans des rapports. Le Giec des Nations unies ne formule d'ailleurs pas de recommandations et ne mène pas de travail de recherche, mais des centaines d'experts et chercheurs synthétisent la littérature scientifique existante afin d'exposer les options possibles aux décideurs politiques concernant le changement climatique et ses effets.
Le "Giec des Pays de la Loire" est donc loin d'être une "déclinaison régionale des experts climatiques de l'ONU", comme a pu rappeler l'un des membres de l'organe de l'ONU, le chercheur François Gemenne sur Twitter. "Je pense très important de rappeler ici que le GIEC est un organisme intergouvernemental qui ne compte pas d’antennes locales, ne publie pas de rapports locaux et ne formule pas de recommandations politiques", a-t-il souligné sur le réseau social.
Contrairement au Giec, le "Giec des Pays de la Loire" désigne effectivement par cet acronyme un "Groupe Interdisciplinaire d'Experts sur le Changement climatique - Pays de la Loire", créé en octobre 2020 par la région. Il se désigne dans le rapport qu'il a publié ce mercredi 12 avril comme "un conseil scientifique placé sous l'autorité de l'établissement Grand Ouest de l'association Comité français pour le développement durable, dit 'Comité 21'".
Ce "Giec ligérien" réunit 17 chercheurs de différentes disciplines (artificialisation des sols urbains, hydrologie urbaine, gestion du risque climatique...) travaillant dans des universités, des grandes écoles ou des instituts de recherche. Ils se sont donnés pour missions de "vulgariser et approfondir les connaissances scientifiques sur la contribution des Pays de la Loire aux changements climatiques et ses impacts pour le territoire", d'"évaluer la vulnérabilité du territoire, des populations, des milieux naturels et des activités socio-économiques à ces changements" et d'"informer les acteurs du territoire sur les évolutions du climat, et les aider à identifier les mesures d’atténuation et d’adaptation les plus efficaces, en proposant des méthodes et en veillant à l’impartialité des informations proposées".
"La Région a créé en 2020 le #GIEC Pays de la Loire, c’est une fierté de voir aujourd’hui tant d’acteurs y adhérer pour donner à ses travaux + de poids & de portée. Les transitions requièrent un engagement collectif. Ça tombe bien : c’est ce que nous faisons de mieux dans la Région !", a également expliqué dans un tweet la présidente (ex-LR) de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais. Dans son rapport, le "Giec des Pays de la Loire" précise par ailleurs que le Comité 21, qui représente un réseau d'acteurs engagés dans le développement durable, bénéficie d'une subvention du Conseil régional.
L'organisme avait publié un premier rapport en juin 2022 et qui s’intéressait aux "vulnérabilités" de cette région face au changement climatique. Le second, présenté ce mercredi matin à Angers, était, lui, consacré aux solutions pour s'adapter aux enjeux climatiques. Parmi les recommandations qui y figurent, l'interdiction de méga-bassines agricoles qui seraient remplies "par pompage dans les nappes phréatiques", afin de protéger la ressource en e...
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