Guerre en Ukraine : l'économie russe résiste aux sanctions, estime le FMI

LCI - 11/04
[VIDÉO] - D'après le Fonds monétaire international, l'économie russe résiste toujours aux sanctions. Les prévisions de croissance pour le pays de Vladimir Poutine en 2023 sont plus élevées que précédemment estimées. Mais sur le long terme, le choc de la guerre est évident, estime aussi le FMI.

D'après le Fonds monétaire international, l'économie russe résiste toujours aux sanctions.
Les prévisions de croissance pour le pays de Vladimir Poutine en 2023 sont plus élevées que précédemment estimées.
Mais sur le long terme, le choc de la guerre est évident, estime aussi le FMI.

L'économie russe fait de la résistance. Malgré la guerre et les sanctions, elle devrait de nouveau tenir le choc en 2023, selon les dernières prévisions publiées ce mardi par le Fonds monétaire international (FMI). Il anticipe une croissance de 0,7% cette année, mieux que les 0,4% prévus il y a trois mois.

Ces derniers mois, les prévisions concernant l'économie russe se sont améliorées à chaque publication. Alors qu'elle devait être initialement confrontée à une forte contraction de son PIB en 2022, avec un repli de 6%, la Russie avait finalement terminé l'année en récession de "seulement" 2,1%. Et pour 2023, la situation se présente encore mieux : en octobre dernier, les prévisions du FMI anticipaient une récession de 2,3%, avant de prévoir, lors de la précédente actualisation, en janvier, une légère croissance, de 0,3%.

D'ici à 2027, nous nous attendons à ce que l'économie russe soit 7% plus réduite que ce qu'elle aurait dû être sans la guerre

FMI

Cette fois, le rapport publié à l'occasion des réunions de printemps va encore plus loin, avec une croissance prévue de 0,7% pour 2023, soit trois points de pourcentage de mieux qu'il y a six mois. "La Russie a su maintenir l'élan (de 2022, NDLR) en mettant en place des mesures fiscales très forte l'année dernière, que l'on attend de voir se poursuivre cette année", explique le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, au cours d'un point presse.

Le pays a effectivement fortement accéléré ses dépenses publiques, terminant 2022 avec un déficit de 2,2% du PIB, malgré les importantes rentrées fiscales liées à ses ventes d'hydrocarbure, dans un contexte de hausse généralisée des prix de l'énergie. "Je pense que la Russie a utilisé l'espace budgétaire dont elle disposait afin de soutenir son économie. Mais une part importante de ses dépenses budgétaires sont en réalité des dépenses militaires", détaille Petya Koeva Brooks, directrice adjointe du département recherche du FMI.

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Le déficit devrait encore gonfler en 2023, le FMI l'anticipant à 6,2%. C'est "très important selon les standards russes", souligne un porte-parole du Fonds. "Le surplus de compte courant devrait fortement se réduire, à 3,6% du PIB contre 10,3% en 2022, avec des conditions commerciales bien plus faibles et une baisse des volumes d'énergie", précise-t-on de même source.

Plus encore, sur le long terme, le choc de la guerre est évident, selon Pierre-Olivier Gourinchas : "d'ici à 2027, nous nous attendons à ce que l'économie russe soit 7% plus réduite que ce qu'elle aurait dû être sans la guerre. L'effet cumulé entre 2022 et 2024 est dont plutôt fort."

I.N avec AFP

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