Fin de vie : François Braun réservé sur une loi encadrant "l'aide active à mourir"

LCI - 08/04
[VIDÉO] - Le ministre de la Santé, François Braun, s'est dit réservé au sujet d'une loi sur "l'aide à active à mourir", recommandée par la Convention sur la fin de vie. La priorité devra aller "au renforcement de l'existant", a-t-il plaidé, samedi 8 avril, dans un entretien accordé au quotidien "Le Monde". Un projet de loi sur la fin de vie, annoncé par Emmanuel Macron, doit voir le jour "d'ici à la fin de l'été" 2023.

Le ministre de la Santé, François Braun, s'est dit réservé au sujet d'une loi sur "l'aide à active à mourir", recommandée par la Convention sur la fin de vie.
La priorité devra aller "au renforcement de l'existant", a-t-il plaidé, samedi 8 avril, dans un entretien accordé au quotidien "Le Monde".
Un projet de loi sur la fin de vie, annoncé par Emmanuel Macron, doit voir le jour "d'ici à la fin de l'été" 2023.

C'est la première fois qu'il s'exprime sur ce sujet sensible et clivant. Et il émet des réserves. Le ministre de la Santé, François Braun, a fait preuve de retenue, samedi 8 avril, sur une loi sur "l'aide à active à mourir", alors que la Convention citoyenne sur la fin de vie a remis un rapport en faveur de cette disposition. "Le débat sur l'aide active à mourir est encore ouvert. Un texte de loi allant en ce sens changerait profondément notre société et notre rapport à la mort", a estimé auprès du journal Le Monde l'ancien président de Samu-Urgences de France, jugeant que la priorité devra aller "au renforcement de l'existant".

"Si la société devait avancer dans le sens d'une aide active à mourir, ce ne pourrait être que dans des cas très précis et qui devraient être rigoureusement encadrés", a-t-il indiqué, alors que le président Emmanuel Macron a annoncé, devant les membres de la Convention, un projet de loi sur la fin de vie "d'ici à la fin de l'été", tout en traçant les lignes à ne pas franchir.

On ne répondra jamais à toutes les situations

François Braun, ministre de la Santé

La législation actuelle, fixée par la loi Claeys-Leonetti de 2016, permet aux soignants de mettre sous sédation irréversible des patients proches de la mort, dont les souffrances sont intolérables. Mais elle ne va pas jusqu'à autoriser une assistance au suicide (le patient s'administre le produit létal) ou l'euthanasie (on lui injecte). Même en modifiant la loi, "on ne répondra jamais à toutes les situations", a affirmé François Braun. C'est "à chaque fois la fin d''une' vie et chaque situation est différente".

"Quelle que soit l'option que nous mettrons sur la table, la priorité devra être donnée au renforcement de l'existant. Par une plus grande appropriation des directives anticipées, par des professionnels de santé mieux formés, par un meilleur recours à la sédation profonde et continue jusqu’au décès : ce sont des outils que nous renforcerons en soutenant les soins palliatifs", a-t-il par ailleurs promis, se disant "persuadé que si nous y arrivons, il y aura alors beaucoup moins de demandes d'aide à mourir".

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Si la législation devait évoluer vers une aide active à mourir, alors François Braun "ne veut pas qu'elle puisse s'imposer comme une obligation aux médecins" et "ne croit pas qu'elle doive se faire nécessairement dans un environnement médical".

Y.R. avec AFP

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