Certains les considèrent volontiers comme des héros, mais le terme les fait bondir. « Nous ne sommes que des manifestants, insistent-ils. Il ne faut surtout pas nous héroïser. »
Emma, Jeanne et Djibril s’expriment sous pseudo. Dans l’appartement où ils ont accepté de nous recevoir ce lundi après-midi, ils convoquent des visions d’horreur avec un calme olympien : les manifestants qui terminent avec une main en charpie ou le visage tuméfié sont souvent pris en charge par les street medics avant l’intervention des pompiers.
Une tâche essentielle – pour ne pas dire vitale – dont ils s’acquittent avec une grande modestie. « En manif, on fait surtout du secourisme, résume Emma. On ne va pas s’amuser à recoudre quelqu’un lorsque ça chauffe encore. On nettoie la plaie, on met un p...
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