États-Unis : le chef républicain s'attire les foudres de Pékin en rencontrant la présidente taïwanaise

LCI - 05/04
[VIDÉO] - Le républicain Kevin McCarthy a rencontré mercredi la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen en Californie. Cette rencontre irrite grandement Pékin. Les autorités chinoises ont promis de "riposter".

Le républicain Kevin McCarthy a rencontré mercredi la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen en Californie.
Cette rencontre irrite grandement Pékin.
Les autorités chinoises ont promis de "riposter".

Un pied de nez à Pékin. Le républicain Kevin McCarthy, président de la Chambre américaine des représentants, a rencontré mercredi la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen. Les deux dirigeants se sont retrouvés en dépit des menaces de rétorsion répétées de la Chine.

C'est en Californie, dans la ville de Simi Valley, que le tête-à-tête a eu lieu. Officiellement, Tsai Ing-wen était en "transit" par les États-Unis, car sur le chemin du retour après une tournée en Amérique latine. L'administration Biden, elle, a minoré l'importance de cette rencontre, le secrétaire d'État Antony Blinken rappelant mercredi qu'il ne s'agissait pas d'une visite officielle. Il a appelé Pékin à ne pas se servir de l'entretien comme "excuse" pour "faire monter les tensions".

"Une seule Chine"

Cela n'a pas suffi à calmer Pékin, qui avait promis de "riposter" et multipliant les déclarations courroucées ces dernières semaines. Si le moindre rapport entre Taïwan et les États-Unis irrite la Chine, c'est que cette dernière considère ce petit État insulaire comme l'une de ses provinces à reprendre. Les autorités souhaitent une "réunification pacifique", mais n'exclut pas d'employer la force. 

Au nom de son principe d'"Une seule Chine", aucun pays n'est censé entretenir de liens officiels avec Pékin et Taipei en même temps. Lors d'un ultime avertissement lundi, le ministre des Affaires étrangères a ainsi rappelé que "la Chine est fermement opposée" à l'entrevue entre le troisième personnage de l'État américain et la dirigeante taïwanaise, issue d'un parti indépendantiste. Pékin a aussi expliqué être prêt à "défendre fermement sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale", sans évoquer expressément d'éventuelles manœuvres militaires.

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Du côté des États-Unis, on souffle le chaud et le froid, entretenant de longue date une "ambiguïté stratégique" sur la question taïwanaise. Cette doctrine vise autant à dissuader la Chine d'envahir Taïwan qu'à empêcher les dirigeants de l'île de provoquer Pékin en déclarant officiellement son indépendance. Washington reconnaît Pékin depuis 1979, mais reste l'allié le plus puissant de Taïwan ainsi que son principal fournisseur d'armes. 

Le soutien à l'île est l'un des rares consensus au sein des deux partis au Congrès américain et sous le mandat de Tsai Ing-wen, Taïwan s'est rapproché des États-Unis. En août dernier, la présidente taïwanaise a reçu à Taïwan la démocrate Nancy Pelosi, à la tête de la Chambre des représentants avant M. McCarthy. Cette visite avait provoqué l'ire de Pékin, qui avait réalisé des exercices militaires autour de l'île d'une envergure inédite depuis le milieu des années 1990.

T.G.

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