Élisabeth Borne égale la longévité d'Édith Cresson à Matignon

LCI - 03/04
[VIDÉO] - En ce lundi 3 avril, Elisabeth Borne a tenu autant de jours à Matignon qu'Édith Cresson. Celle qui l'a précédée à ce poste était restée 10 mois et 18 jours rue de Varenne. Mais la suite du mandat de la Première ministre, chahuté par la réforme des retraites, est incertain.

En ce lundi 3 avril, Elisabeth Borne a tenu autant de jours à Matignon qu'Édith Cresson.
Celle qui l'a précédée à ce poste était restée 10 mois et 18 jours rue de Varenne.
Mais la suite du mandat de la Première ministre, chahuté par la réforme des retraites, est incertain.

Petite victoire pour Elisabeth Borne en pleine crise autour de la réforme des retraites. La Première ministre peut se targuer, depuis ce lundi 3 avril, d'avoir un record à son actif : celui d'avoir occupé Matignon plus longtemps que sa prédécesseuse, Édith Cresson, première femme nommée à ce poste le 15 mai 1991. Cette dernière est restée rue de Varenne 10 mois et 18 jours. L'échéance avait d'ailleurs été regardée de près par l'Élysée, envisager un remplacement avant ce terme aurait été "dramatique dans le souvenir que ça laisserait", note un conseiller. Reste à savoir maintenant combien de temps tiendra Elisabeth Borne, alors qu'une onzième journée de mobilisation contre la réforme des retraites se profile ce jeudi 6 avril. 

Car les deux femmes sont confrontées à la même difficulté : l'absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale, même s'il ne manquait que quelques députés à Édith Cresson, au lieu d'une quarantaine pour Elisabeth Borne. Pour faire passer des textes, elles doivent convaincre au-delà de leur camp ou, à défaut, utiliser le 49.3, qui permet l'adoption de projets sans vote, mais expose à la censure. Édith Cresson a utilisé cette arme constitutionnelle 8 fois, Elisabeth Borne 11 fois, y compris pour faire passer la très contestée réforme des retraites, attisant la contestation dans la rue et la fragilisant à Matignon.

"Cressonnisée"

En revanche, contrairement à Édith Cresson, attaquée dans sa gestion, y compris par les "éléphants" du PS sur fond de "machisme", Elisabeth Borne n'a pas déplu à sa majorité. "Certains disaient : 'elle (Elisabeth Borne) va être cressonnisée'. Eh bien pas du tout, il y a zéro question sur sa dimension à gérer la fonction. Elle fait au mieux", saluait début février un proche d'Emmanuel Macron. Après le 49.3, l'ancien chef du gouvernement Edouard Philippe, parfois critique, l'a même réconfortée : "Je sais ce que c'est d'être Premier ministre, une autre peut le dire aussi. Ce n'est pas facile, je suis admiratif".

Si Elisabeth Borne devait quitter Matignon, "il faudra la juger sur son action politique et pas sur son sexe", insiste encore un cadre de la majorité. Et "rien n'empêche le président de nommer une femme après une femme. Son premier choix (la LR Catherine Vautrin, ndlr), c’était aussi une femme". "La question posée, c'est : le président a demandé un nouvel agenda (pour élargir la majorité, ndlr). Va-t-elle pouvoir l'endosser ?", ajoute cette source du camp présidentiel.

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La sénatrice socialiste Laurence Rossignol considère, elle, qu'"on a beaucoup progressé" depuis Édith Cresson, car "en tant que Première ministre, Elisabeth Borne peut être critiquée, mais elle est respectée en tant que femme". En l'occurrence, elle n'a pas été comparée à son arrivée à la marquise de Pompadour comme Édith Cresson, dont la nomination par François Mitterrand, pour remplacer Michel Rocard, avait été vue, y compris au PS, comme le fait du prince. L'actuelle Première ministre trouve néanmoins encore "super sexiste" que certains lui reprochent de ne pas "bouffer des entrecôtes en buvant de la bière".

Virginie FAUROUX

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