Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°914, daté avril 2023.
Dans la baie de Lancieux (Côtes-d'Armor), la mer a repris sa place. En mars 2020, une brèche s'est formée sur l'une des trois digues ceinturant la large étendue de prairies de ce site breton, appartenant au conservatoire du Littoral. Depuis, la mer s'y engouffre au gré des marées. La brèche s'est élargie, remplacée par un trou béant.
En France, de nombreux aménagements empêchent la mer de pénétrer dans les terres : digues, rochers ou épis bordent près de 3000 des 20.000 kilomètres du littoral. Des ouvrages coûteux, qui montrent d'autant plus leurs faiblesses que le niveau de la mer monte et que s'intensifient des événements climatiques extrêmes. Sur plusieurs de ses sites, dont celui de Lancieux, le conservatoire a donc décidé d'adopter une stratégie différente : entre 2017 et 2022, il a déployé le projet Adapto, qui consiste à limiter les ouvrages en dur et à laisser la mer regagner du terrain.
Dans l'estuaire de la Gironde, plusieurs digues qui ont cédé n'ont pas été remises en état. Sur la plage du Petit Travers, au large de Montpellier (Hérault), c'est une route départementale qui a été reculée. Et sur le site des Vieux Salins d'Hyères (Var), plus de 600 mètres de rochers empilés le long de la côte ont été retirés. Le programme Adapto a été l'occasion d'o...
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