Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°914, daté avril 2023.
Soigner les maladies mentales par le ventre, l'idée fait son chemin. De plus en plus d'études montrent une influence probante du contenu de notre assiette sur la régulation de nos émotions, notre humeur et, plus encore, sur la survenue de troubles psychiques, dont la dépression, qui touche près de 350 millions de personnes dans le monde.
L'enjeu est de taille car il n'existe pas de traitement parfait pour soigner cette pathologie multifactorielle qui associe facteurs génétiques et environnementaux. La littérature scientifique décrit des thérapies médicamenteuses et non médicamenteuses efficaces dans un à deux cas sur trois, et le risque de rechute après un épisode dépressif majeur est de 50 %. C'est ce constat qui a poussé Tasnime Akbaraly, chercheuse en épidémiologie nutritionnelle à l'Inserm à Montpellier (Hérault), à examiner les facteurs modifiables de la maladie, comme l'alimentation.
Dès 2009, elle montre que suivre un régime méditerranéen - une alimentation riche en fruits et légumes, poisson et céréales complètes - diminue de 33 % le risque de symptômes dépressifs. "À l'inverse, les personnes qui ont l'habitude de consommer beaucoup d'aliments riches en acides gras saturés (présents dans les graisses animales comme le beurre et la viande rouge), en sucre ainsi que des produits industriels raffinés (chips, sodas, pizzas, etc.) ont un risque augmenté de 60 % de ...
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