Christine Brisset, la «fée des sans-logis» qui a ouvert 800 squats

Gabrielle Trottmann - Slate FR - 31/03
La journaliste du Courrier de l'Ouest n'avait qu'un seul mot d'ordre: «Une maison, c'est fait pour loger des gens.» Une théorie qu'elle a très largement mise en pratique.

À Angers, pendant la Seconde Guerre mondiale, près de 10.000 logements ont été détruits ou endommagés à cause des bombardements. Après-guerre, les taudis prospèrent, les eaux usées serpentent à l'air libre dans les rues. Pour reloger les familles, les soldats et les prisonniers rapatriés, une ordonnance prise en 1945 autorise les préfets à réquisitionner les résidences vides, mais on s'en sert peu. Alors, une journaliste prend les devants: Christine Brisset, née Charlotte-Antoinette Kipfer.

Issue d'un milieu modeste, elle se marie à un notable angevin. Devenue bourgeoise, elle détone dans le milieu des squatteurs, ce qui ne l'empêche pas d'en devenir une figure de proue. Avec un groupe d'étudiants, d'ouvriers et de femmes du monde, elle force serrures et volets, armée d'un pied-de-biche. Et lorsque la presse accourt, c'est elle qui se fait prendre en photo, pour éviter les ennuis aux personnes relogées.

Entre 1945 et 1962, on lui prête ainsi près de 800 réquisitions illégales, qui lui ont valu une cinquantaine de procès. Mais parmi elles, il y a une affaire qui la fait connaître dans la France entière: celle de l'occupation de la villa de la Che...
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