Un film peut-il être si excitant qu'on a presque l'impression qu'il ne se passe rien ? Ou peut-il en dire tellement que presque tout le temps il ne fait que suggérer, nous faire sentir, indiquer que l'essentiel est quelque part en arrière-plan, entre les lignes, ou plus précisément entre les images, et qu'une partie importante des éléments nécessaires à compréhension peut être trouvée en dehors du film? N'est-ce pas une entreprise excessivement dangereuse de faire un film qui ne "se passe" pas en partie pendant le temps du film ?
Peut-on croire que le spectateur quitte le cinéma, mais l'histoire continue dans sa tête, il continue à y réfléchir, cherche les éléments manquants, recherche les causes, joue avec les conséquences possibles, tente de recoller les morceaux ? N'est-il pas possible qu'il se produise plutôt que le spectateur ait simplement l'impression que le film est inintéressant, déroutant, vague et dépourvu de contenu ?
Telles sont d'ailleurs les principales questions posées lors de l'évaluation du premier long métrage de la réalisatrice écossaise Charlotte Wells, aupar...
[Courte citation de 8% de l'article original]