En 2017, des astronomes découvraient 'Oumuamua, un objet avec une forme étrange dont la nature a depuis été longtemps débattue. Cette fois, des scientifiques se sont basés sur l'orbite inhabituelle de ce « messager » extraterrestre pour redéfinir ce qu'est 'Oumuamua : une comète interstellaire, comme cela était supposé depuis sa première observation !

Il y a presque 6 ans, en octobre 2017, des chercheurs découvraient depuis l'île de Maui un étrange objet, semblant venir d'un autre système stellairesystème stellaire. Surnommé ’Oumuamua qui signifie « messager » en hawaïen, il a depuis été la source de nombreux débats. Car impossible de se mettre d'accord sur sa véritable nature : astéroïde, comètecomète, ou même fragment d'exoplanèteexoplanète, de nombreuses hypothèses ont été énoncées. Cette fois, une nouvelle étude publiée dans Nature tranche : il s'agit d'une comète interstellaire. Bien que ce soit la première réponse qui avait été envisagée, elle avait ensuite été vite abandonnée.

En effet, contrairement à la plupart des comètes, 'Oumuamua ne possède ni queue de poussière ni chevelure brillante, aussi appelée comacoma. Des éléments pourtant caractéristiques de ces corps célestes au noyau glacé, qui se révèlent lors d'un rapprochement avec le SoleilSoleil. Et 'Oumuamua, en plus de son apparence étrange allongée, se déplace sur une trajectoire très elliptique. Trop elliptique pour que son accélération soit seulement d'origine gravitationnelle. De quoi questionner d'autant plus l'idée d'une comète.

1I/2017 U1 (’Oumuamua) est le premier objet interstellaire découvert par l'humanité. Il a été observé pour la première fois (et donc découvert) le 18 octobre 2017 lors de sondages réalisés par les télescopes PanStarrs 1, installés sur l'Haleakala, à Hawaï. L'équipe du projet Lyra étudie les possibilités d'y envoyer une sonde. © dottedyeti, Adobe Stock

Pourtant, c'est grâce à cette déviation gravitationnelle que l'équipe est parvenue à ses conclusions. « Nous n'avions jamais vu une comète dans le système solairesystème solaire qui n'avait pas de coma de poussière. Donc, l'accélération non gravitationnelle était vraiment bizarre », a déclaré dans un communiqué Darryl Seligman, coauteur de l'étude. Ils ont finalement établi grâce à de nombreuses simulations qu'un mécanisme simple pouvait expliquer ce décalage : le dégazagedégazage de l'hydrogène lorsque la comète passe proche du Soleil.

L'orbite d'’Oumuamua s'explique par un dégazage de l'hydrogène

Ce phénomène se produit en partie à cause des rayons cosmiques qui frappent le corps céleste. Ils convertissent les moléculesmolécules d'eau en l'hydrogène moléculaire H2, et peuvent effectuer ce mécanisme jusqu'à des dizaines de mètres de profondeur dans la glace. L'hydrogène est ensuite piégé dans la glace amorpheamorphe de la comète qui change ensuite de structure lorsque l'objet s'approche du Soleil, pour devenir cristalline, libérant ainsi l'hydrogène piégé. Le gazgaz jaillit ensuite de la comète, générant une poussée et modifiant son orbiteorbite. « Même s'il y avait de la poussière dans la matrice de glace, vous ne sublimez pas la glace, vous réorganisez simplement la glace et laissez ensuite H2 se libérer. Ainsi, la poussière ne va même pas sortir », a continué D. Seligman.

« Une comète voyageant à travers le milieu interstellaire est essentiellement cuite par le rayonnement cosmique, formant de l'hydrogène en conséquence. Notre pensée était : si cela se produisait, pourriez-vous réellement la piéger dans le corps, de sorte que lorsqu'elle entrerait dans le système solaire et qu'elle a été réchauffé, il dégazerait cet hydrogène ? a déclaré Jennifer Bergner, première auteure de l'étude. Cela pourrait-il produire quantitativement la force dont vous avez besoin pour expliquer l'accélération non gravitationnelle ? »

En effet, dans la plupart des cas, ce dégazage ne suffit pas à changer la direction du corps. Mais, dans le cas d''Oumuamua, ses petites dimensions - environ 150 mètres de longueur pour 100 de large et 20 de profondeur - le permettent. « Pour une comète de plusieurs kilomètres de diamètre, le dégazage proviendrait d'une coquille très mince par rapport à la massemasse de l'objet, donc à la fois en termes de composition et d'accélération, vous ne vous attendriez pas nécessairement à ce que ce soit un effet détectable, a ajouté J. Bergner. Mais parce que 'Oumuamua était si petit, nous pensons qu'il produisait en fait une force suffisante pour alimenter cette accélération ».

L'illustration de cet artiste montre le premier visiteur interstellaire identifié, 1I/'Oumuamua, découvert en 2017. L'objet capricieux s'est balancé à moins de 24 millions de kilomètres du Soleil avant de sortir du Système solaire. © Nasa, ESA et J. Olmsted et F. Summers (STScI)

Contre toute attente, 'Oumu...
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