À l’heure où le monde du travail se mobilise pour refuser la régression que constitue la réforme des retraites à la sauce Borne-Macron, les syndicats constituent un acteur primordial dans la conduite de cette bataille, véritable terrain d’affrontements entre le capital et le travail. Ce conflit social se déroule dans des conditions nouvelles. Depuis quatre décennies, une vaste offensive néolibérale est menée visant à diviser les salariés et à aggraver les conditions de vie et de travail. Face au rouleau compresseur des politiques austéritaires et dans un contexte de crise économique et environnementale, le mouvement social a été affaibli par des reculs démocratiques et sociaux. Comment le syndicalisme doit-il se disposer pour relever les défis actuels ? Les organisations syndicales vont-elles parvenir dans des contours nouveaux de ce conflit de classe à trouver les capacités de continuer à remplir leur fonction ? Nous avons posé la question aux trois co-élaborateurs du dernier numéro de la revue la Pensée (1), qui s’est penchée sur ce sujet.
Maryse Dumas Je citerai d’abord l’affaiblissement des défenses collectives des salariés depuis les garanties collectives et statuts jusqu’aux collectifs de travail et aussi bien sûr les syndicats. Les salariés sont sommés de devenir des « entrepreneurs d’eux-mêmes ». Au nom d’un prétendu mérite personnel, les solidarités sont mises en pièces. La précarité, la flexibilité s’imposent non seulement dans l’emploi, mais aussi dans le mode de vie. Les services publics sont réduits à peau de chagrin. Partout la politique du chiffre détruit l’intérêt du travail et sa qualité. Le lien social est fragilisé. Les souffrances psychiques...
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