Après Au bonheur des morts en 2015, la philosophe poursuit sa réflexion sur les récits qui nous lient aux défunts avec les Morts à l’œuvre (1), où elle analyse cinq histoires qui s’inscrivent dans un dispositif original de médiation culturelle, « les Nouveaux commanditaires ». Ce protocole artistique, formé à l’initiative du photographe François Hers, propose à toute personne de la société civile de commander une œuvre à un artiste, par l’entremise d’un médiateur qui organise leur coopération, permettant que le désir d’art émane des citoyens eux-mêmes pour rendre compte des manières inventives de fabuler le rapport entre les morts et ceux qui restent.
Les modes d’existence des morts sont particuliers. Ils sont proches des êtres de fiction sans en être. Ils ont besoin de notre sollicitude. Le régime d’existence des morts renvoie à celui de la métamorphose : les morts peuvent devenir vivants d’une autre manière, capables d’agir dans ce monde mais autrement. Ceux qui restent disent qu’il y a vraiment un appel et évoquent leur capacité à faire des choses tout en n’étant plus là. S’il y a des morts qui n’interpellent pas et qui restent en dehors de la vie des vivants, il peut parfois y en avoir qui, même un siècle plus tard, demandent à ce que certaines choses soient réglées, comme dans le cas des incendies de Longepierre (Saône-et-Loire).
Entre 1851 et 1857, vingt-quatre incendies ont détruit une soixantaine de bâtiments de Longepierre, soit les deux tiers du village. Pierre Vaux et Jean-Baptiste Petit furent accusés et e...
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