Une nouvelle étude remet de nouveau en question l'origine d'’Oumuamua, cet étrange objet allongé découvert en 2017. Des scientifiques sont parvenus à expliquer son étrange orbite, qui serait cohérente avec l'hypothèse de la comète interstellaire !
Découvert en 2017 sur l'île de Maui, l'étrange ’Oumuamua a vite été l'objet de débats, notamment sur sa nature. AstéroïdeAstéroïde, comètecomète, fragment d'exoplanèteexoplanète... Plusieurs hypothèses ont été énoncées, la dernière en date étant celle d'une planète similaire à PlutonPluton située dans un autre système stellairesystème stellaire (lire notre article plus bas). Mais une nouvelle étude publiée dans Nature remet de nouveau sur le tapis la question de l'origine d''Oumuamua, en énonçant cette fois qu'il s'agirait bien d'une comète interstellaire, comme il était supposé dès sa détection !
Pourtant, 'Oumuamua, contrairement à la plupart des comètes, ne possède ni queue de poussière ni chevelure brillante, aussi appelée comacoma. Des caractéristiques qui ne manquent pas pour ces corps célestes, notamment lorsqu'ils se rapprochent du SoleilSoleil. Composées d'un noyau de glace et de poussière, les comètes sont en effet repérables grâce à leur apparence particulière, des caractéristiques que ne possède pas 'Oumuamua. Avec des dimensions inhabituelles le rendant allongé en forme de cigare, ce corps possède en plus de son apparence étrange une trajectoire très elliptique. Trop elliptique pour que son accélération soit seulement d'origine gravitationnelle.
C'est sur cette déviation gravitationnelle que s'est concentrée la nouvelle équipe. « Nous n'avions jamais vu une comète dans le système solairesystème solaire qui n'avait pas de coma de poussière. Donc, l'accélération non gravitationnelle était vraiment bizarre », a déclaré dans un communiqué Darryl Seligman, coauteur de l'étude. Ils ont établi grâce à de nombreuses simulations qu'un mécanisme simple pouvait expliquer ce décalage : le dégazagedégazage de l'hydrogènehydrogène lorsque la comète passe proche du Soleil.
Une orbite étrange finalement expliquée par le dégazage de l'hydrogène
Ce phénomène se produit en partie à cause des rayons cosmiques qui frappent le corps céleste. Ils convertissent les moléculesmolécules d'eau en l'hydrogène moléculaire H2, et peuvent effectuer ce mécanisme jusqu'à des dizaines de mètres de profondeur dans la glace. L'hydrogène est ensuite piégé dans la glace amorpheamorphe de la comète qui change ensuite de structure lorsque l'objet s'approche du Soleil, pour devenir cristalline, libérant ainsi l'hydrogène piégé. Le gazgaz jaillit ensuite de la comète, générant une poussée et modifiant son orbiteorbite. « Même s'il y avait de la poussière dans la matrice de glace, vous ne sublimez pas la glace, vous réorganisez simplement la glace et laissez ensuite H2 se libérer. Ainsi, la poussière ne va même pas sortir », a continué D. Seligman.
« Une comète voyageant à travers le milieu interstellaire est essentiellement cuite par le rayonnement cosmique, formant de l'hydrogène en conséquence. Notre pensée était : si cela se produisait, pourriez-vous réellement la piéger dans le corps, de sorte que lorsqu'elle entrerait dans le système solaire et qu'elle a été réchauffé, il dégazerait cet hydrogène ? a déclaré Jennifer Bergner, première auteure de l'étude. Cela pourrait-il produire quantitativement la force dont vous avez besoin pour expliquer l'accélération non gravitationnelle ? »
En effet, dans la plupart des cas, ce dégazage ne suffit pas à changer la direction du corps. Mais, dans le cas d''Oumuamua, ses petites dimensions - environ 150 mètres de longueur pour 100 de large et 20 de profondeur - le permettent. « Pour une comète de plusieurs kilomètres de diamètre, le dégazage proviendrait d'une coquille très mince par rapport à la massemasse de l'objet, donc à la fois en termes de composition et d'accélération, vous ne vous attendriez pas nécessairement à ce que ce soit un effet détectable, a ajouté J. Bergner. Mais parce que 'Oumuamua était si petit, nous pensons qu'il produisait en fait une force suffisante pour alimenter cette accélération ».