Le projet de réforme des retraites, porté par le gouvernement d'Élisabeth Borne, donne lieu à un bras de fer entre le pouvoir et la rue qui, depuis le milieu du mois de janvier, se manifeste par un recours à des formes classiques de mobilisation (grèves, manifestations), canalisées par un front intersyndical unanime. Ce bras de fer s'est doublé d'un affrontement politique entre la majorité et ses oppositions, exacerbé par l'annonce du recours à l'article 49.3 pour faire adopter une loi contestée aussi bien par la rue que par une majorité croissante de Français.
Dans l'histoire de la Ve République, ce n'est toutefois pas la première fois qu'un gouvernement, isolé face à la montée de contestations sociales et politiques, doit engager une telle épreuve de force qui, dans un contexte incertain, comporte une réelle prise de risque. De fait, quelle que soit la nature de leur majorité, les gouvernements qui se sont succédé depuis vingt ans ont quasiment toujours recouru à l'article 49.3 pour faire passer des projets modifiant en profondeur le système social ou la réglementation du travail –quitte à reculer ensuite sous la pression de la rue.
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