Cartier, Tiffany... L'aura retrouvée des perles fines

Hervé Dewintre - LePoint - 21/03
LES BIJOUX DE PARIS. Pièces d'exceptions, collections dédiées, ventes aux enchères... le prestige de la perle naturelle brille à nouveau de tout son éclat.

Les grands joailliers ont de la mémoire. Le souvenir précis d'un cataclysme, pas si lointain, les détourne aujourd'hui et à l'unanimité du diamant de synthèse. Ce cataclysme n'a pas pris la forme d'une crise économique, d'une fuite de capitaux ou d'une mobilisation générale, mais d'un procédé découvert par un employé des services des pêches d'Australie à la fin du XIXe siècle et popularisé quelques années plus tard par le créateur japonais Mikimoto.

Dans son ouvrage Les Cartier consacré à ses illustres aïeuls, Francesca Cartier Brickell détaille avec précision, et chiffres à l'appui, les terribles conséquences de l'arrivée des perles de culture sur l'activité de la grande maison française. « Au début du XXe siècle, les perles fines sans défaut – c'est-à-dire les perles formées naturellement par les huitres sans aucune intervention humaine – sont ce qu'il y a de plus précieux au monde et lorsqu'on en découvre une dans le golfe Persique, c'est un événement majeur : le marché financier mondial se retrouve en état d'alerte car la rareté d'un tel objet fait baisser la valeur de toutes les autres commodités. En...
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