Vincent Bolloré est finalement prêt à lâcher tout Editis pour s’emparer de Lagardère. Le géant français des médias Vivendi, contrôlé par le riche industriel, est enlisé depuis des mois dans des discussions avec la Commission européenne, qui examine sa prise de contrôle de Lagardère.
Après plusieurs mois de bras de fer avec Bruxelles, l’homme fort du groupe Vivendi s’est résolu, ce mardi 14 mars 2023, à céder 100 % d’Editis, le deuxième groupe d’édition français. Et ce pour s’emparer de son rival, les éditions Hachette, filiale de Lagardère bien plus puissante à l’international.
Si ces acquisitions et ces mouvements dans le monde des médias et de l’édition sont rigoureusement scrutés, c’est qu’ils recouvrent des enjeux importants. Éléments d’explication.
Vincent Bolloré, milliardaire réputé très à droite, dirige un empire avec son groupe Vivendi. Il contrôle la chaîne Canal + et ses petites sœurs (C8 et CNews) ainsi que les magazines du groupe Prisma (Voici, Capital, Femme actuelle…). Il est aussi en train d’avaler Lagardère (Europe 1, Paris Match, Le Journal du Dimanche (JDD)…), dont il détient désormais plus de la moitié du capital. La finalisation de cette prise de contrôle est toutefois conditionnée au feu vert des autorités européennes de la concurrence.
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De son côté, l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky a accéléré ces dernières années ses investissements dans les médias français via son groupe de presse CMI France. Il détient des titres comme Elle, Télé 7 Jours, ou l’hebdomadaire Marianne, après avoir racheté depuis 2018 les magazines du groupe Lagardère Active. Il est également co-actionnaire du journal Le Monde, a renfloué Libération à hauteur de 15 millions d’euros et possède plus de 5 % du groupe audiovisuel TF1. En octobre 2021, CMI France a lancé l’hebdomadaire Franc Tireur.
« Je suis très heureux et fier de la possibilité de devenir l’actionnaire d’un fleuron de l’édition comme Editis si le processus arrive à son terme. J’ai conscience des responsabilités qu’une telle acquisition implique compte tenu de la qualité des maisons qui composent le groupe et de leur place dans l’histoire intellectuelle française », a réagi le magnat tchèque des médias Daniel Kretinsky ce mardi.
De manière générale, la concentration des médias et des maisons d’édition en France, ainsi que leur pluralité.
Editis est le numéro deux français de l’édition. Avec 789 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022, il est tou...
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