Éboueurs en grève : s'agit-il du métier qui subit la plus forte surmortalité ?

LCI - 13/03
[VIDÉO] - En grève à Paris, Nantes ou au Havre, les éboueurs s'opposent avec fermeté à la réforme des retraites. Le député LFI Antoine Léaument les soutient : leur métier est celui touché par la plus forte surmortalité, assure-t-il, graphique à l'appui. Les chiffres avancés sont toutefois vieux d'environ 20 ans... Et portent sur les travailleurs belges.

En grève à Paris, Nantes ou au Havre, les éboueurs s'opposent avec fermeté à la réforme des retraites.
Le député LFI Antoine Léaument les soutient : leur métier est celui touché par la plus forte surmortalité, assure-t-il, graphique à l'appui.
Les chiffres avancés sont toutefois vieux d'environ 20 ans... Et portent sur les travailleurs belges.

Opposés à la réforme des retraites, des éboueurs sont en grève à Paris, mais aussi à Metz, au Havre ou encore à Nantes. Une mobilisation que soutient la gauche, LFI en tête. Le député Antoine Léaument, sur les réseaux sociaux, a tenu à leur partager sa solidarité et assure qu'ils "ont un taux de surmortalité extrêmement important". Dès lors, "en luttant contre la réforme des retraites, ils luttent littéralement pour le droit de vivre". Ces actions constituent pour eux "une question de vie ou de mort", ajoute l'élu.

Pour appuyer son propos, il joint un graphique à son message, montrant les écarts de mortalité de très nombreux métiers par rapport à la moyenne. Le résultat est clair : les éboueurs sont de loin ceux sont les plus touchés par la surmortalité. Si la pénibilité endurée dans ce travail est indéniable, les chiffres avancés par le parlementaire sont anciens et concernaient la Belgique.

D'anciennes données venues de Belgique

Le graphique éloquent exhumé par Antoine Léaument n'est pas sourcé. L'élu ne précise pas son origine, mais l'on en retrouve la trace sur Internet grâce à quelques recherches. On découvre ainsi que les chiffres ici présentés ont été mis en forme et partagés par l'Observatoire belge des inégalités. Ce dernier relaie l'infographie sur son site et précise que "la taille des barres est proportionnelle au pourcentage de mortalité en moins ou en plus par rapport à la moyenne, indiquée par la ligne verticale centrale". 

On apprend que : "Les travailleurs en Belgique ont été classés selon leur profession en 2001 dans une catégorisation de 76 professions, afin d’offrir une vision détaillée des différences entre elles", et que "la mortalité de chaque profession a ensuite été calculée dans les années ultérieures afin d’être comparée à la moyenne de la population active occupée". Une précision méthodologique de taille, puisque deux éléments doivent ici nous alerter. Le fait qu'il ne s'agisse par de chiffres relatifs à la France d'une part, mais aussi qu'il s'agisse de calculs anciens, reflétant une situation ayant pu assez sensiblement évoluer. 

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Si le métier d'éboueur peut sembler assez similaire d'un côté ou de l'autre de la frontière, il serait hasardeux de considérer que les chiffres seraient identiques en France. L'organisation du système de soins n'est en effet pas identique, tandis que chaque pays dispose d'organismes bien distincts en charge de la gestion de la santé au travail et de la prévention des risques. Difficile, enfin, de présupposer qu'une situation observée il y a plus de 10 ou 15 ans est semblable aujourd'hui. Depuis, des évolutions matérielles ou réglementaires sont susceptibles d'avoir eu un impact sur les conditions de travail et la santé des travailleurs qui en découle. 

Attention : cela ne signifie pas que le métier d'éboueur est facile ou dénué de pénibilité. Nous ne pouvons simplement pas nous appuyer sur ces données de surmortalité pour l'étayer. 

Pas d'équivalent en France

Quand on cherche des chiffres de même nature relatifs à la France, d'importants écueils se dressent. La Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), organe du ministère du Travail, glisse à TF1info ne pas disposer de données relatives à la sous ou à la surmortalité par métier. Tout au plus dispose-t-on d'informations relatives aux accidents du travail mortels, mais celles-ci sont disponibles pour des secteurs entiers d'activité, et pas par métier précis.

Côté Insee, ce n'est guère mieux. Des données relatives à l'espérance de vie sont agrégées, mais leur champ ne nous permet pas de se focaliser sur les seuls éboueurs. La limitation porte sur des catégories socio-professionnelles, insuffisantes pour mettre en lumière le cas particulier de chaque profession. "Les hommes cadres vivent toujours 6 ans de plus que les hommes ouvriers", notait ainsi l'institution en...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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