[Série] «Esterno notte» : Marco Bellocchio revient sur le lieu du crime

Valentin Maniglia - LeQuotidien - 12/03
Depuis ses débuts de jeune auteur prodige, à 25 ans, avec le turbulent I pugni in tasca (1965), Ma...

Avec Esterno notte, Marco Bellocchio se penche à nouveau sur l’affaire Aldo Moro en livrant le contrechamp de son Buongiorno, notte. Une fresque épique qui signe le début en série du cinéaste italien de 83 ans, ici à son meilleur.

Depuis ses débuts de jeune auteur prodige, à 25 ans, avec le turbulent I pugni in tasca (1965), Marco Bellocchio a construit une œuvre phare du cinéma italien contemporain, traversée tout entière par des points de réflexion qui se recoupent : le poids psychologique et émotionnel de la famille, l’hypocrisie bourgeoise et ses contradictions, ou encore l’interrogation de l’Italie à travers ses institutions.

Passant habilement de l’intime à l’historique, dans la trajectoire de sa carrière comme à l’intérieur de ses œuvres, il avait atteint l’apogée de cet équilibre avec Buongiorno, notte (2003), son succès d’entrées le plus important – ce qui est en partie dû à son seul sujet.

Car, de l’enlèvement et de l’assassinat d’Aldo Moro, le feuilleton de terreur qui mit l’Italie en émoi au printemps 1978, beaucoup de questions restaient encore en suspens.

En auteur subversif, Bellocchio a ainsi fait le récit des 55 jours de captivité du président de la Démocratie chrétienne (DC) du point de vue de ses geôliers, membres du groupe terroriste d’extrême gauche Brigades rouges.

Vérités historiques, documents d’archives, tranches de vie quot...
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