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« Il a pillé mon compte en banque » : les violences économiques, ces invisibles violences conjugales
Marie Telling - Huffpost FR -
06/03
Dépendance financière, rétention de carte bleue, éloignement du monde professionnel... Les violences économiques conditionnent souvent les violences conjugales, comme l’expliquent les victimes et expertes interviewées par « Le HuffPost ».
Jason Dean / Getty Images Les violences économiques sont l’une des formes insidieuses des violences conjugales.
Jason Dean / Getty Images
Les violences économiques sont l’une des formes insidieuses des violences conjugales.
VIOLENCES - Pendant plus de quinze ans, Isabelle* a été mariée à un homme très riche. Au moment de leur rencontre, ils travaillent tous les deux dans la finance, mais rapidement son mari la convainc de quitter son emploi pour s’occuper des enfants. L’isolement s’installe alors peu à peu et, avec lui, une situation de dépendance financière. Isabelle n’a plus de cartes bleues à son nom, ni aucune maîtrise sur les finances du couple. « J’appelais ma vie ‘la prison dorée’, parce que je ne pouvais décider de rien, raconte la quadragénaire. On ne faisait que ce que lui voulait, il avait une phrase récurrente : ‘C’est celui qui paye qui décide’. »
Aujourd’hui séparée de son ex-mari, Isabelle raconte avoir subi des années de violences psychologiques et, à plusieurs reprises, physiques. Au cœur de cette emprise : une forte dépendance économique, comme pour de nombreuses femmes dans sa situation. Selon Migueline Rosset, avocate spécialisée en droit de la famille, « 80 % des dossiers comportant des violences conjugales [qu’elle] traite, comportent des violences économiques ».
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La « prison » qu’Isabelle évoque, c’est ce que décrit le chercheur américain Evan Stark, à l’origine du concept de contrôle coercitif. « Ça permet de comprendre comment fonctionne une relation qui est marquée par la violence », explique Laurène Daycard, journaliste et autrice de Nos absentes : à l’origine des féminicides. « Evan Stark parle d’une prise en otage de l’intime : le conjo... [Courte citation de 8% de l'article original]
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