Mise en suspens le temps des vacances d'hiver, la mobilisation sociale reprend de plus belle le mardi 7 mars avec, pour l'intersyndicale, un objectif clair : "Mettre la France à l'arrêt". Une journée dédiée à la lutte contre la réforme des retraites qui s'accompagne d'appels à des mouvements de grève massifs, voire reconductibles dans de nombreuses branches d'activité. À quoi faut-il s'attendre ? On fait le point secteur par secteur.
Si la SNCF et la RATP vont communiquer en fin de journée dimanche les prévisions de trafic précises, des "perturbations majeures" sont attendues. En particulier à Paris et dans sa région, comme l'a déjà annoncé Île-de-France Mobilités (IDFM), l'autorité des transports dans la région francilienne. Signe que le gouvernement se prépare à une forte mobilisation, le ministre des Transports Clément Beaune a incité cette semaine l'ensemble des Français qui en ont la possibilité à télétravailler. "Le 7", a-t-il pressenti, "ça va être dur."
En ce qui concerne le train, on s'attend également à des liaisons internationales en grande partie affectées. Du côté du Thalys, "le trafic sera perturbé et tous les clients ont été prévenus", a fait savoir samedi soir une porte-parole.
Du côté du secteur aérien, le mouvement social incite la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) à demander une réorganisation aux compagnies. Ces dernières sont invitées à réduire leurs programmes de vols, le mardi et le mercredi, de 20% à Paris-Charles-de-Gaulle et de 30% à Paris-Orly, Beauvais, Bordeaux, Lille, Lyon, Nantes, Marseille, Montpellier, Nice et Toulouse. Air France pense être en mesure d’assurer "près de 8 vols sur 10, dont la totalité de ses vols long-courriers". Mais il s'agit uniquement de prévisions puisque "des retards et des annulations de dernière minute ne sont pas à exclure".
Dans le secteur de l'énergie, les salariés n'ont pas attendu le 7 mars : le mouvement a en effet démarré dès vendredi après-midi à l'appel de la CGT. Une action décidée en raison de l'ouverture du débat samedi au Sénat : l'examen de l'article 1 du texte porte sur la suppression des régimes spéciaux de retraite, parmi lesquels celui dont bénéficient les énergéticiens. Le mouvement "a vocation à s'étendre", confie-t-on du côté de la CGT, "a minima jusqu'au 7 et a maxima jusqu'à la gagne". Des représentants syndicaux évoquent "une semaine noire dans l'énergie", marquées par des blocages, des coupures ciblées, mais également des occupations de sites. Il faut aussi s'attendre à des opérations "Robin des Bois" telles que la coupure des radars routiers.
Un appel à la grève reconductible est aussi lancé dans les raffineries. La volonté affichée est assez simple : "Bloquer l'ensemble de l'économie", tant au niveau de la production que de la distribution ou de l'importation de carburant. Les expéditions des raffineries vers les dépôts devraient être mises en pause et pourraient être suivies d'un arrêt pur et simple des raffineries si le mouvement se prolongeait au...
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