Margaryta chante pour l’Ukraine dans "The Voice" : "Notre force, c’est notre liberté"

LCI - 03/03
[VIDÉO] - Installée en France depuis sept ans, la jeune femme originaire de l’ouest de l’Ukraine passe son audition à l’aveugle ce samedi 4 mars. Elle interprète "1944", une chanson lourde de sens qui a permis à son pays de remporter l’Eurovision en 2016. Elle explique à TF1info pourquoi elle n’aurait pas pu choisir un autre titre.

Installée en France depuis sept ans, la jeune femme originaire de l’ouest de l’Ukraine passe son audition à l’aveugle ce samedi 4 mars.
Elle interprète "1944", une chanson lourde de sens qui a permis à son pays de remporter l’Eurovision en 2016.
Elle explique à TF1info pourquoi elle n’aurait pas pu choisir un autre titre.

Elle regarde l’émission "depuis des années". Elle a même tenté sa chance dans son pays natal "quelques fois" sans arriver à l’étape des auditions à l’aveugle. Margaryta se présente ce samedi 4 mars face à Amel Bent, Zazie, Vianney, Bigflo et Oli. Pour elle mais aussi pour l'Ukraine. Originaire de Kolomyia, dans l'ouest, la jeune femme de 33 ans a adapté le morceau qui a permis à la chanteuse ukrainienne Jamala de remporter l'Eurovision en 2016 tout en fâchant la Russie. TF1info s'est entretenu avec elle avant la diffusion de sa prestation très émouvante, avec laquelle elle compte bien séduire les coachs.

© Philippe Leroux - ITV - Bureau233 - TF1

Vous participez à "The Voice" pour "vous réaliser comme chanteuse". Comment êtes-vous arrivée dans l’émission ?

Je me suis inscrite. J'ai toujours évolué dans un environnement musical. J’ai étudié la musique, j’ai été professeure de chant et j’avais mon propre groupe en Ukraine. J’ai été choriste pour Kateryna Buzhynska, une des chanteuses les plus populaires du pays, pendant deux ou trois ans. Quand la situation est devenue difficile en 2014 (après l’annexion de la Crimée pour la Russie, ndlr), j’ai décidé de partir travailler comme chanteuse sur un bateau de croisière. J’y ai rencontré mon futur mari français, qui en était le docteur. Ça fait maintenant sept ans que je vis dans le sud, à Saint-Féliu-d’Avall.

Vous vivez toujours de la musique aujourd’hui ?

Depuis trois ans, je suis la chanteuse principale du cabaret Les Oiseaux de nuit, dans les Pyrénées-Orientales. Je continue à passer des castings en parallèle. J'ai passé celui de "The Voice" en juin. Comme mes filles de 3 et 6 ans sont plus un peu plus grandes et vont toutes les deux à l’école, il est temps pour moi de reprendre ma vie musicale et professionnelle.

Ça a été un choc, comme un trou noir dans le cœur. On a vraiment cru il y a un an que ça durerait trois, quatre, cinq jours

Margaryta sur la guerre en Ukraine

Vous interprétez une chanson lourde de sens, "1944" qui a permis à Jamala de remporter l’Eurovision en 2016. Elle évoque la déportation de ses ancêtres Tatar de Crimée par les autorités soviétiques lors de la Seconde Guerre mondiale. C’était le seul choix possible pour vous ? 

J’avais préparé plusieurs chansons dont celle-là. Bruno Berberes, le directeur de casting de l’émission, m’a dit qu’il voulait me voir à Paris avec "1944". Je ne me voyais pas chanter autre chose. Parce qu’avec notre réalité, je ne pouvais pas arriver avec quelque chose de positif et enjoué. Je suis très touchée par ce qui se passe. 

La chanson de Jamala avait provoqué la colère de la Russie à l’Eurovision, deux ans après l’annexion de la Crimée. La chanter dans "The Voice", c’est aujourd’hui un acte de résistance pour vous ?

Exactement, c’est ce que je dis dans la chanson dont j’ai changé certaines paroles pour l’adapter à notre situation d’aujourd’hui. Jamala chantait sur quelque chose de passé. Pour nous, rien n’est fini. En ukrainien, je dis dans le refrain qu’il est impossible de nous séparer et que notre force, c’est notre liberté. C’est essentiel pour moi d’être là avec ce message. 

Vous portez aussi sur votre veste blanche deux morceaux de tissu, jaune et bleu…

C’était très important d’avoir quelque chose d’ukrainien sur moi. C’est un clin d’œil pour mes amis et tous ceux qui vont me voir.

Si votre mari et une amie vous ont accompagnée sur le plateau, vos parents ont suivi votre audition depuis l’Ukraine… 

Ils vivent toujours à Kolomyia, où j’ai grandi, à l’ouest du pays. C’était une idée un peu folle parce qu’il n’y avait pas d’électricité. On a réussi à les appeler quand même. La connexion n’était pas super mais j’étais très contente qu’ils vivent...
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