Santé publique: il faudrait genrer la prévention

Laure Dasinieres - Slate FR - 03/03
Pour que les hommes soient davantage impliqués dans la protection collective et que les femmes ne soient plus les victimes collatérales d'une crise sanitaire, comme celle du Covid-19.

Lorsque l'on dresse un bilan provisoire de la pandémie de Covid-19 afin de considérer s'il serait possible de mieux faire pour la suite et/ou en vue d'une éventuelle autre pandémie, la question de la prévention est fondamentale.

En décortiquant le sujet, on en vient à se demander si cette prévention ne gagnerait pas à être genrée –ou tout du moins à prendre davantage en compte les inégalités hommes-femmes qui ont été exacerbées au cours des trois dernières années de pandémie.

Différences de comportement

Le recul et les études menées sur le sujet mettent en avant de nombreuses disparités de genre. D'abord, il apparaît que ce sont les hommes qui sont le plus à risque de développer des formes graves de la maladie et d'en mourir. En mars 2022, deux chercheurs de l'Institut national d'études démographiques (INED) ont publié un article sur le sujet, dans lequel ils montrent que la surmortalité liée au Covid était plus importante chez les hommes, tout particulièrement à partir de 55 ans.

S'il existe des disparités d'ordre purement biologique –les femmes semblent intrinsèquement moins à risque de développer des formes graves–, les chercheurs pointent aussi du doigt des facteurs sociaux et comportementaux. «Les femmes sont biologiquement moins fragiles que les hommes, mais les écarts viennent surtout de leurs activités et leurs comportements. Tout au long de la vie, les hommes prennent plus de risques que les femmes et ont plus fréquemment des comportements nocifs pour la santé –notamment, ils fument plus et boivent davantage d’alcool. Les femmes, de ...
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